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Bulletin Quotidien Europe N° 11738
ACTION EXTÉRIEURE / Commerce

L'UE défend fermement le système multilatéral de l'OMC face au risque de désengagement américain

Face au risque de désengagement des États-Unis résultant des menaces proférées contre l'OMC par le nouveau président américain, Donald Trump, les ministres du Commerce de l'UE, réunis en session informelle à La Valette, jeudi 2 et vendredi 3 mars, ont affirmé leur soutien ferme au système commercial multilatéral régi par l'OMC.

« Le multilatéralisme est l'avenir du commerce et nous croyons fermement que c'est la seule manière dont nous pouvons accroître la croissance économique et la prospérité », a insisté, devant la presse, le ministre maltais de l'Économie, Christian Cardona, vendredi matin.

« La situation internationale a changé et nous devons avoir une déclaration claire quant au fait que l'UE est pour l'ouverture commerciale et le libre-échange. Nous sommes très attachés à l'OMC, nous croyons au système commercial multilatéral. Nous avons eu jeudi un débat avec le directeur général de l'OMC, Roberto Azevedo. Tout le monde dans la salle était très clair, nous tenons à l'OMC », a assuré le secrétaire d'État allemand à l'Économie, Matthias Machnig.

« Il faut prendre très au sérieux les menaces de Donald Trump sur l'OMC et sur l'ONU », nous a confié le secrétaire d'État français au Commerce, Matthias Fekl. « La meilleure réponse possible à Trump est que l'Europe devienne l'entité qui porte les règles pour la mondialisation, qui porte l'idée que la puissance publique doit être respectée, que les choix démocratiques ne doivent pas être mis en cause, que les questions sociales et environnementales doivent être progressivement intégrées dans les questions économiques de manière contraignante », a-t-il ajouté.

« Nous sommes dans un monde avec de plus en plus de protectionnisme, comme le montrent le 'Brexit' et l'élection américaine. Il est important pour l'UE d'être un chef de file dans l'approche multilatérale », a estimé le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders. « Nous devons avoir à bord la nouvelle administration américaine, même si ce sera très difficile », a-t-il ajouté. Reynders a aussi appelé à « changer des choses » dans la politique commerciale, jugeant « nécessaire de discuter avec les PME et pas seulement les multinationales, d'avoir des clauses sociales, d'avoir un commerce plus inclusif et de travailler main dans la main avec l'OMC et l'OIT ».

L'UE tient à « montrer à l'administration Trump que le monde va de l'avant et qu'elle ne sera pas arrêtée par leur soudaine prudence sur le libre-échange », a estimé le ministre finlandais du Commerce, Kai Mykkänen.

« La Hongrie est très intéressée par l'OMC. La Hongrie est une économie ouverte axée sur les exportations. Nous sommes très intéressés par les accords de libre-échange et par les travaux de l'OMC », a insisté le ministre hongrois, István Mikola.

Admettant que « les signaux (venant des États-Unis) étaient inquiétants », la commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, a insisté sur « la nécessité d'avoir des États-Unis actifs sur la scène multilatérale ». « Nous avons besoin qu'ils s'engagent, nous devons coopérer avec eux, nous devons être constructifs, espérons qu'ils le feront », a-t-elle conclu.

Lors d'un dîner de travail, jeudi soir, les ministres et Mme Malmström, s'étaient entretenus avec le directeur général de l'OMC, Roberto Azevedo, sur les attentes de la 11ème conférence ministérielle de l'OMC, qui se tiendra à Buenos Aires (Argentine) du 11 au 14 décembre, ainsi que sur la vision à plus long terme pour l'OMC. (Emmanuel Hagry)

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