Les ministres du Commerce de l'UE ont apporté un « large soutien » au projet, présenté fin 2016 par la Commission, de nouvelle méthodologie pour le calcul antidumping pour régler la question du traitement de la Chine dans les enquêtes antidumping de l'UE à l'expiration de dispositions en la matière du protocole d'adhésion de la Chine à l'OMC, a résumé le ministre maltais de l'Économie, Christian Cardona, vendredi 3 mars à La Valette à l'issue de la réunion ministérielle informelle.
« La présidence maltaise vise une position du Conseil au printemps. Nous avons eu un débat très positif et avons pu recueillir un vaste consensus sur cette proposition. Nous sommes tous d'accord pour avoir une bonne base juridique, un instrument qui sera conforme aux règles de l'OMC et qui nous donne des règles prévisibles, équilibrées et justes pour nos opérateurs », a expliqué M. Cardona. « En prenant en compte le contexte plus large d'un scénario global dynamique, la Présidence intensifiera les travaux en vue du Conseil des ministres du Commerce le 11 mai », a-t-il ajouté.
Après l'expiration des dispositions de son protocole d'adhésion à l'OMC, la Chine a demandé, le 12 décembre, l'ouverture de consultations avec l'UE à l'OMC (EUROPE 11687).
La proposition de nouvelle méthodologie antidumping de l'UE, présentée en novembre 2016 par la Commission (EUROPE 11664), s'inscrit dans le contexte plus large de la réforme de la politique de défense commerciale de l'UE et du projet de modernisation de ses instruments de défense commerciale, sur lequel le Conseil et le PE vont désormais négocier en trilogue (EUROPE 11735) après l'accord obtenu au Conseil sous Présidence slovaque, fin 2016, après trois ans de blocage (EUROPE 11688).
« Il ne s'agit pas d'une approche protectionniste mais de rétablir une situation de concurrence équitable (level playing field) avec certains partenaires comme la Chine », a insisté lors d'un point-presse plus tôt dans la journée le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders.
« Je sens que la Présidence maltaise a une vraie volonté d'avancer. Et que tout le monde a enfin bien compris que c'était un sujet qui nécessitait d'apporter des réponses extrêmement fortes », nous a confié le secrétaire d'État français au Commerce, Matthias Fekl. (Emmanuel Hagry)