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Bulletin Quotidien Europe N° 11738
ACTION EXTÉRIEURE / Affaires ÉtrangÈres

Les ministres pourraient décider d’établir une structure de commandement pour les missions PSDC militaires de conseil

Les ministres des Affaires étrangères et de la Défense, réunis en Conseil 'jumbo' lundi 6 mars, pourraient décider d’établir une structure au sein de l’État-major de l’UE assurant le commandement des missions militaires de la PSDC à mandat non exécutif, c'est-à-dire de conseil.

Il s'agit d'« une capacité militaire de planification et de conduite (MPCC) ». Il y a actuellement trois missions militaires non exécutives, de conseil et de formation : EUTM Somalie, EUTM RCA et EUTM Mali. Ces missions sont commandées sur le terrain, mais il n'y a pas de niveau intermédiaire entre la mission sur le terrain et le niveau politique à Bruxelles, principalement le Comité politique et de sécurité (Cops). L’objectif du MPCC, qui devrait être dirigé par Esa Pukkinen, également directeur général de l’État-major de l’UE, est de combler ce vide « qui, de l’aveu même des commandants de ces opérations, nuisait à leur efficacité », explique une source européenne. Ce MPCC pourrait être opérationnel au printemps.

Les discussions des ministres pourraient aussi porter sur les avancées concernant la mise en place d'un exercice annuel coordonné de planification capacitaire (CARD) et la mise en place de la coopération structurée permanente (CSP/PESCO) (pour plus de détails, voir notre publication Europe Diplomatie et Défense). Des différences de vues persistent encore au sein des États membres. Les ministres devraient adopter des conclusions qui pourraient encourager à poursuivre les travaux et qui serviront de base à un rapport à l’intention du Conseil européen des 9 et 10 mars prochains.

Avant ce Conseil, les ministres de la Défense rencontreront la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini. Celle-ci devrait leur donner un aperçu stratégique de l'engagement de l'UE dans le cadre de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC).

Égypte, Proche Orient, migration, RDC et Balkans aussi en débat

À l’issue de la réunion Affaires étrangères-Défense, le Conseil reprendra sa formation habituelle. Lors de leur déjeuner, les ministres des Affaires étrangères seront rejoints par leur homologue égyptien, Sameh Shoukry. Ils discuteront de l’évolution de la situation politique et des réformes économiques dans le pays, de la coopération bilatérale, notamment dans la lutte contre le terrorisme et en matière de migration, et du rôle de l’Égypte dans la région, en particulier concernant la Libye, la Syrie et le processus de Paix au Proche-Orient. L’Égypte fait partie de la Troïka qui accompagne le processus politique en Libye et est proche du général Haftar. La question des droits de l’homme pourrait aussi être abordée.

Ce processus de paix fera l’objet, dans l’après-midi, d’un court débat. Il s’agit de la troisième discussion sur la situation au Proche-Orient en trois mois, mais il n’y aura toujours pas d’adoption de conclusions. Les possibles décisions du nouveau gouvernement américain – remise en cause d’une solution à deux États, transfert de l’ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem - devraient être débattues. Les ministres pourraient également revenir sur les préparatifs en vue d’un éventuel Conseil d’association entre l’UE et Israël. Aucune date n’est prévue et l’organisation d’une telle réunion fait débat entre les États membres en raison de la situation actuelle sur le terrain, notamment la colonisation galopante. Selon une source européenne, les Vingt-huit veulent établir une position commune en vue du Conseil d’association avant de définir une date.

Le Conseil reviendra aussi sur la situation en République démocratique du Congo et devrait adopter des conclusions. La situation dans le pays s’est dégradée au cours de l'année 2016 en raison de l’absence de mesures prises pour l’organisation d’élections, dans le cadre constitutionnel, et alors que l’UE a encore appelé, le 16 février, à la mise en œuvre de l’accord politique du 31 décembre. Selon une source européenne, les conclusions demanderaient à la Haute Représentante de préparer une liste de noms en vue de sanctionner les personnes qui ne respectent pas les droits de l’homme, participent aux violences ou font obstacle à la sortie de crise.

Les aspects extérieurs de la migration seront également sur la table du Conseil. Celui-ci fera le point, après le sommet de Malte du 3 février et la déclaration adoptée sur la migration à cette occasion et après la réunion de suivi du Sommet de La Valette de novembre 2015, qui s’est tenue le 8 février à Malte. Les discussions devraient donc porter, en particulier, sur la coopération avec la Libye, mais aussi sur le cadre de partenariat pour les migrations avec les cinq pays prioritaires : l'Éthiopie, le Mali, le Niger, le Nigeria et le Sénégal.

Dernier sujet à l’ordre du jour : la situation dans les Balkans occidentaux. Les discussions ne devraient pas porter sur le processus d’adhésion de ces pays, mais davantage sur les tensions politiques et la situation économique dans la région. Mme Mogherini, qui a visité l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, le Kosovo, le Monténégro et la Serbie du 1er au 4 mars, informera les ministres sur la situation. Leur discussion contribuera aussi aux préparatifs du Conseil européen des 9 et 10 mars. (Camille-Cerise Gessant)

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