Après le commissaire aux négociations d'adhésion, Johannes Hahn (EUROPE 11737), c'est la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, qui a appelé, vendredi 3 mars, à Skopje, le président macédonien Gjorge Ivanov au respect de la Constitution et à donner mandat pour la formation du gouvernement.
« J'ai demandé au Président de réfléchir à la voie à suivre, d'inverser sa décision dans l'intérêt de tous les citoyens de ce pays (…). Nous nous attendons à ce que (la) Constitution (du pays) soit respectée », a-t-elle expliqué lors d’un point presse. Elle a souligné les préoccupations de l’UE pour ce qu’elle définit comme « une rupture des principes démocratiques, de l'expérience démocratique, de la Constitution du pays ».
En son nom, et au nom du secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, Mme Mogherini a expliqué qu’il serait « impossible pour quiconque de convaincre quiconque dans le monde démocratique que la majorité des députés qui représentent la majorité des citoyens dans un État unitaire ne puisse pas être autorisée à former un gouvernement ». « Au lieu de règles démocratiques, le chaos règne », a-t-elle ajouté. Selon elle, le refus du président de donner mandat « rompt l'esprit de démocratie, est incompatible avec les principes démocratiques fondamentaux et avec le processus d'intégration euro-atlantique ». Elle a espéré que « les bons échanges » qu’elle a eus avec les dirigeants du pays, dont le Président, allaient permettre de faire sortir le pays de la crise « institutionnelle et politique de manière très responsable ».
La Haute Représentante a aussi estimé que le pays avait déjà perdu « trop de temps », se demandant si les dirigeants du pays étaient prêts à aller de l’avant vers l’intégration européenne du pays.
Mme Mogherini a également demandé aux dirigeants politiques et à tous ceux qui ont des responsabilités institutionnelles d’exercer le maximum de responsabilité et de contenir et de réduire leur rhétorique qui peut alimenter les affrontements ou la confrontation dans la société, « afin d'éviter que cette crise politique et institutionnelle ne devienne un conflit interethnique ou, pire, un conflit géopolitique». « Nous n'avons pas besoin de combustible, nous avons déjà assez de feu », a-t-elle prévenu. (Camille-Cerise Gessant)