« L’UE n’est pas menacée dans son existence par cette décision » des Britanniques de quitter l’UE, a affirmé Jean-Claude Juncker mercredi matin, dans un volet relativement bref de son discours sur l’état de l’Union consacré au Royaume-Uni. Assurant que le référendum du 23 juin au Royaume-Uni n’aurait pas pour conséquence la désintégration de l’UE, le responsable de l’exécutif a rappelé que l’UE respectait cette décision « tout en la déplorant ».
Mais M. Juncker n’a pas souhaité s’attarder sur le dossier britannique, se limitant à rappeler son message au gouvernement de Mme May. « On serait heureux que la demande de sortie nous parvienne rapidement pour mettre un terme aux rumeurs et incertitudes », a-t-il demandé. « Nous devons garder des relations amicales avec le Royaume-Uni, il faut qu’on organise cette relation ». Mais, a rappelé M. Juncker, « le marché intérieur et la libre circulation ne peuvent pas être à la carte, il faut que ce soit clair ».
La Commission européenne a par ailleurs annoncé mercredi avoir mis en place son groupe de travail pour négocier le retrait britannique qui sera dirigé par le Français Michel Barnier. L’Allemande Sabine Weyand, actuellement directrice générale adjointe de la direction générale du commerce de la Commission (DG TRADE), a, elle, été nommée à la fonction de négociateur en chef adjoint à partir du 1er octobre 2016. Le « groupe de travail article 50 », explique la Commission dans un communiqué, « sera chargé de préparer et de conduire les négociations avec le Royaume-Uni, en tenant compte du cadre de ses relations futures avec l’Union européenne ».
Du côté des députés, le libéral belge Guy Verhofstadt, qui sera le négociateur du PE, a jugé en plénière que le ‘Brexit’ (la sortie du Royaume-Uni de l’UE) devait être perçu comme une « opportunité » pour les citoyens européens. Syed Kamall, le dirigeant britannique du groupe CRE, a déploré pour sa part l’ensemble du discours de M. Juncker, estimant que ce dernier avait eu l’occasion d’entendre les signaux de détresse à travers l’Europe et qu’au lieu de cela, il s’était contenté « du même mantra qu’auparavant ». (Solenn Paulic)