À la veille du premier round, à la mi-octobre, des négociations pour un accord de libre-échange entre l'UE et le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay, le Venezuela ne prenant pas part aux discussions), le premier depuis la relance des pourparlers en 2010, les déclarations du ministre uruguayen des Affaires étrangères, Rodolfo Nin Novoa, affirmant, le week-end dernier, qu'il n'y aurait pas d'accord si le bœuf n'était pas inclus, a suscité une vive réaction en Irlande.
« Jusqu'à présent, ce que nous avons eu avec l'UE est un échange exploratoire provisoire de propositions (d'offres en matière d'accès au marché, NDLR). Mais le mois prochain, nous tiendrons la première réunion officielle, la première en plus de quatorze ans. J'ai dit aux éleveurs que, si la viande bovine n'est pas incluse, il n'y aura pas d'accord, c'est simple et net », a déclaré M. Nin Novoa, après une rencontre avec le président de l'association rurale uruguayenne, Ricardo Reilly, rapportait le média uruguayen MercoPress, mardi 13 septembre.
Des propos qui ont un écho négatif en Irlande où, malgré les assurances données en mai par le commissaire à l'Agriculture, Phil Hogan, que le boeuf était « hors du menu » des négociations, la réponse de la commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, à une question écrite de l'eurodéputée Marian Harkin (ADLE, irlandaise) demandant si le bœuf pourrait être ajouté à l'offre de l'UE à un stade ultérieur ou s'il était totalement exclu de tout accord, suscite beaucoup d'inquiétudes.
Mme Malmström a ainsi répondu qu'il serait « irréaliste » de s'attendre à ce que les pays du Mercosur concluent un accord avec l'UE sans obtenir un accès amélioré à son marché du bœuf, rapportait le quotidien irlandais Irish Independant le 13 septembre.
Une réponse que Mme Harkin juge « très inquiétante pour les éleveurs de bovins irlandais, qui connaissent déjà une crise du revenu extrêmement difficile ». « Si de grandes quantités de viande bovine brésilienne ou argentine sont autorisées à la vente dans l'UE, cela aura automatiquement un impact négatif sur les agriculteurs irlandais et pourra même en mettre beaucoup en faillite », redoute-t-elle, appelant les organisations agricoles de son pays à « réagir rapidement » et à faire pression sur le gouvernement irlandais et la Commission pour ne pas conclure un accord avec le Mercosur si les produits agricoles sensibles tels que le bœuf sont inclus dans l'offre.
Négociateurs européens et sud-américains se réuniront dans la semaine du 10 au 14 octobre. Les parties ont échangé leurs offres respectives en matière d'accès au marché (couvrant les marchandises, les services et les marchés publics) le 11 mai (EUROPE 11549). (Emmanuel Hagry)