Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a défendu, dans son discours sur l’état de l’Union 2016 devant le Parlement européen, mercredi 14 septembre à Strasbourg, une politique commerciale libre-échangiste, faisant notamment valoir l'accord avec le Canada (CETA), qui doit être signé et ratifié cet automne, comme « le plus progressiste » jamais négocié par l'UE.
« Être européen signifie être ouvert et commercer avec nos voisins. Cela signifie être le plus grand bloc commercial du monde, avec des accords en place ou en cours de négociation avec plus de 140 partenaires. Et le commerce signifie des emplois - pour chaque milliard d'euros d'exportations, 14 000 emplois supplémentaires sont créés à travers l'UE. Et plus de 30 millions d'emplois, soit 1/7ème des emplois dans l'UE, dépendent de ses exportations », a expliqué M. Juncker. « Le CETA est le meilleur accord et le plus progressiste jamais négocié par l'UE. Je vais travailler avec [le PE] et tous les États membres pour voir cet accord ratifié dès que possible », a-t-il ajouté.
Lors du débat, Manfred Weber (PPE, allemand) est le seul chef de groupe politique à avoir fait part du soutien de ses pairs au CETA. « La croissance est stimulée par le commerce. C'est pourquoi mon groupe dit 'oui' au CETA », a-t-il assuré.
Soutien au secteur de l'acier. « Être européen signifie aussi défendre notre industrie de l'acier. Nous avons déjà 37 mesures antidumping et antisubventions en place pour protéger [ce secteur]. Mais nous devons faire plus, étant donné que la surproduction dans certaines parties du monde met en danger les producteurs européens », a estimé M. Juncker, se targuant d'être allé deux fois en Chine cette année « pour régler le problème des surcapacités ». L'UE a notamment obtenu, lors du sommet du G20 de Hangzhou, début septembre, la mise en place d'un forum international pour s'attaquer à ce problème (EUROPE 11616).
M. Juncker a aussi défendu son action visant à durcir l'arsenal de défense commerciale de l'UE. « C'est pour défendre l'industrie européenne de l'acier que la Commission a proposé de modifier la 'règle du droit moindre'. Les États-Unis imposent un droit d'importation de 265% sur l'acier chinois, mais, ici en Europe, certains gouvernements ont insisté pendant des années pour que nous réduisions les droits de douane sur l'acier chinois », a souligné M. Juncker, appelant les États membres et le PE à soutenir la Commission dans son initiative. « Nous ne devrions pas être libre-échangistes naïfs, mais être en mesure de répondre avec autant de force au dumping que les États-Unis », a-t-il insisté. (Emmanuel Hagry)