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Bulletin Quotidien Europe N° 11624
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PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Tunisie

Le Parlement européen presse l’UE d'agir plus vite et concrètement 

La situation en Tunisie a figuré mardi 13 septembre à l’ordre du jour de la session du Parlement européen à Strasbourg. Une résolution soumise au débat a été  adoptée jeudi 14 par 596 voix contre 59 et 49 abstentions. Présentant son rapport en présence de la Haute Représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, et du commissaire à la Politique de voisinage, Johannes Hahn, l’eurodéputé italien Fabio Massimo Castaldo (ELDD), a brossé un tableau inquiétant de la situation (terrorisme, instabilité, économie en panne, poids de la dette) : « sans inclusion sociale, nous allons perdre la révolution » tunisienne, a-t-il affirmé.

Lui succédant, à l’ouverture des débats, Federica Mogherini a de nouveau souligné que cette révolution est un « symbole de démocratie pour la région », sa population ayant « préféré la négociation à l’affrontement ». Aussi, la démarche envers ce pays est-elle à concevoir de « manière cohérente et combinée », couvrant aussi bien le social que le commerce, le défi climatique, la question des migrants et la sécurité, a affirmé la Haute Représentante, observant qu'« aucun gouvernement, seul, n’a les outils pour un plan si ambitieux ». Mme Mogherini privilégie le rôle de l'UE et a rappelé que la Commission et le Service européen d'action extérieure préparent une « communication » attendue dans les prochaines semaines. 

Le commissaire Hahn, qui a clos le débat, a annoncé une reprise des discussions avec les Tunisiens. Ainsi, une mission parlementaire sera la semaine prochaine à Tunis. M. Hahn a demandé aux eurodéputés : « je vous invite à dire aux Tunisiens qu’il faut que les réformes aient lieu », confirmant les réticences européennes devant les lenteurs dues aux « querelles intestines » tunisiennes et l’instabilité sécuritaire. Le commissaire a annoncé à cette occasion que le chef de l’État tunisien sera à Bruxelles fin novembre ou début décembre et s’adressera aussi au Parlement européen.

La quasi-totalité des eurodéputés intervenants s’est pratiquement attelée à rappeler les espoirs nés en Tunisie, les dangers lancinants et le devoir, pour l’UE, de s’impliquer davantage et de manière plus concrète et déterminée, notamment en agissant sur la dette de plus en plus lourde pour ce pays.  Les députés ont toutefois marqué leur inquiétude au sujet des risques, pour les droits fondamentaux, que fait peser la législation antiterroriste récemment adoptée en Tunisie en rappelant que « si la Tunisie est l’un des pays les plus exposés à cette menace, les autorités doivent respecter les droits de l’homme dans leur intégralité ». La situation actuelle de la Tunisie justifie la mise en œuvre d’un véritable 'plan Marshall' pour appuyer la consolidation démocratique et favoriser le développement économique, a affirmé le rapporteur.

Encourager ne suffit plus, il est temps de prendre des mesures concrètes, a dit le rapporteur. Il a affirmé que « la stabilité de la Tunisie est notre stabilité. Sa prospérité est notre prospérité. La société civile tunisienne a gagné le Prix Nobel de la paix, et l'Union européenne doit maintenant démontrer cette solidarité et cette prévoyance ». (Fathi B’Chir)

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