Bruxelles, 26/02/2015 (Agence Europe) - Le président du Conseil européen, Donald Tusk, et le président du groupe ADLE au Parlement européen, Guy Verhofstadt, ont souligné, mercredi 25 février, la nécessité de mettre en place une nouvelle stratégie envers la Russie.
« Il faut une stratégie plus proactive », a dit M. Tusk devant le Parlement européen à Bruxelles, précisant que les chefs d'État et de gouvernement discuteront d'une telle stratégie lors du Conseil européen de mars. « Une unité (des États membres) ne peut pas remplacer une stratégie. Il nous faut une stratégie, mais sans unité, il ne peut y avoir aucune stratégie, aucune chance de réussir », a estimé M. Tusk. Il s'est dit « profondément convaincu que l'un des plus grands objectifs » du président russe, Vladimir Poutine, était « de diviser l'Europe et la communauté internationale dans son ensemble ».
Le président du groupe ADLE au Parlement européen, Guy Verhofstadt, a préconisé une stratégie d'action, plutôt que de réaction. « M. Tusk a dit que les accords ont été violés 800 fois. Cela mérite réflexion. La stratégie actuelle à l'égard de la Russie est-elle la bonne. Nous passons notre temps à réagir. (…) Nous devons passer d'une stratégie basée sur la réaction à une stratégie basée sur la prévention », a souligné M. Verhofstadt. « Pour éviter de nouvelles violations de l'accord de Minsk II, nous devons agir maintenant et préparer une nouvelle série de sanctions, que nous pouvons directement mettre en place si cette agression russe continue », a-t-il demandé.
Le président du Conseil européen a aussi souligné que des sanctions supplémentaires en lien avec la crise ukrainienne étaient « une option qui subsistait ». « Il y a des discussions entre les dirigeants sur la façon de soutenir la mise en oeuvre de l'accord de Minsk II. S'il ne tient pas, nous n'allons pas hésiter à prendre les mesures qui s'imposent. (…) L'UE est unie sur cette question et maintiendra le cap. Des sanctions supplémentaires restent sur la table. Nous devrions être prêts à tout développement, bon ou mauvais », a estimé M. Tusk. « J'espère que la paix pourra être restaurée, mais je suis sceptique », a-t-il admis. M. Tusk a brandi, le 20 février, la menace de nouvelles sanctions à l'égard de la Russie (EUROPE 11258). (Camille-Cerise Gessant)