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Bulletin Quotidien Europe N° 11263
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) climat

Le projet de contribution de l'UE au Protocole de Paris appelle à plus de clarté

Bruxelles, 26/02/2015 (Agence Europe) - Si la 'feuille de route pour Paris', dévoilée mercredi 25 février par la Commission européenne, a le mérite de prôner un accord climatique mondial, ambitieux, équitable, transparent et juridiquement contraignant, des craintes quant à l'intégrité environnementale du projet d'offre de l'UE ont été aussitôt exprimées par les ONG actives pour la défense du climat. Toutes réclament davantage de clarté et d'ambition et mettent en garde contre des règles faibles de comptabilisation des émissions de la foresterie, susceptibles d'affaiblir l'objectif de l'UE - une réduction de 40% de ses émissions à l'horizon 2030 (par rapport à 1990)

Le texte donne un aperçu de ce que l'UE pourra inclure dans son offre de contribution fondée sur les seuls efforts nationaux, autrement dit la contribution déterminée au niveau national que chaque État membre de l'UE prévoit de faire ( Intended nationally determined contribution, INDC dans le jargon onusien). Ce projet de contribution devra être avalisé par le Conseil Environnement le 6 mars avant d'être formellement soumis aux Nations Unies plus tard dans le mois, avant la date butoir du 31 mars.

Si elle n'est pas encadrée par des règles rigoureuses, l'inclusion de l'utilisation des terres, du changement d'affectation des sols et de la foresterie (UTCATF ou Lulucf en anglais), pourrait sensiblement réduire l'objectif climatique de l'UE, de 5% dans le pire des cas, ont averti les ONG.

La manière dont seront traitées les émissions liées à l'utilisation des sols dans l'Objectif de l'UE sera déterminante parce que le secteur contribue, certes, aux émissions, mais permet aussi d'absorber le carbone (les forêts sont des puits de carbone). « La Pologne et l'Allemagne doivent inclure des règles sur l'utilisation des sols et la gestion des forêts qui pourraient réduire jusqu'à 5% l'objectif, ce qui veut dire que l'impact réel des efforts de l'UE ne serait plus que de 35% », prévient Carbon Market Watch.

« Il est important de garantir que l'inclusion du secteur forestier ne réduira pas le niveau d'effort dans d'autres secteurs clés », estime le WRI (World Resource Institute).

Pour CAN Europe (Climate Action Network Europe), les propositions de la Commission pour la contribution de l'UE nécessitent plus de clarté et ne vont pas assez loin. « La quantité de gaz à effet de serre que l'UE sera autorisée à émettre après 2020 n'est pas claire. La proposition ne coupe pas court aux échappatoires qui peuvent diluer l'objectif de l'UE jusqu'à 4,5%. Étant donné que les émissions devraient être réduites de 25% en 2020, si les réductions en 2021 démarrent à -20%, les États membres n'auront aucun effort à faire dans les premières années », souligne Wendel Trio, directeur de l'organisation. L'ONG regrette en outre que la Commission ne spécifie pas les contributions de l'UE pour réduire l'écart entre les offres sur la table et les réductions d'émission requises d'ici à 2020, pour combler le déficit de financement du Fonds vert pour le climat en faveur des pays en développement et qu'elle n'indique pas comment l'UE pourrait faire mieux qu'une réduction de 40% de ses émissions. (Aminata Niang)

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