Bruxelles, 20/06/2013 (Agence Europe) - Une étape a été franchie, jeudi 20 juin, dans la procédure d'infraction engagée contre la Grèce qui, en dépit de plusieurs rappels à l'ordre ne respecte toujours pas la directive « Nitrates » ( directive 91/676/CEE) qui impose aux États membres de surveiller leurs eaux et de protéger toutes les eaux de surface ou souterraines atteintes par la pollution par les nitrates à partir de sources agricoles, ou susceptibles de l'être. Cet État membre sera traduit devant la Cour de Justice de l'UE (troisième étape de la procédure) pour manquement persistant à l'obligation qu'il avait de désigner certaines zones vulnérables à ce type de pollution et d'adopter les mesures qui s'imposent pour lutter efficacement contre cette pollution dans ces zones.
Après avoir reçu, en octobre 2012, un avis motivé (deuxième étape de la procédure) les pressant de remédier à cette situation, les autorités grecques ont, certes, procédé à la désignation de quelques nouvelles zones vulnérables, mais cela ne remédie pas à la totalité des problèmes relevés par la Commission européenne. Les données relatives à la qualité de l'eau montrent en effet qu'à ce jour, d'autres zones restent à désigner ou n'ont fait l'objet que d'une désignation partielle, et que les plans d'action requis par la directive pour réduire et prévenir la pollution par les nitrates d'origine agricole sont toujours inscrits dans les limbes.
Par ce recours devant la Cour, la Commission européenne met la pression sur la Grèce pour qu'elle se mette rapidement et intégralement en conformité avec les exigences de la directive. Des concentrations excessives de nitrates peuvent nuire aux eaux douces et à l'environnement marin en y favorisant la prolifération d'algues qui étouffent les autres formes de vie, phénomène connu sous le nom d'eutrophisation, et en provoquant notamment la mort des poissons dans les lacs et les rivières. L'élimination des excédents de nitrates présents dans l'eau potable est, en outre, un processus très coûteux, souligne la Commission. Mieux vaut donc prévenir que guérir. (AN)