Bruxelles, 26/04/2013 (Agence Europe) - En impliquant pour la première fois en Europe certains types d'investisseurs, la restructuration du secteur bancaire chypriote a fait du tort au secteur financier européen, estime l'industrie luxembourgeoise de la gestion de fonds.
Les plus grandes opportunités d'investissement se situant désormais hors d'Europe, l'une des rares choses que le reste du monde nous envie encore, c'est « la sécurité juridique », a déclaré Marc Saluzzi, président de l'Association luxembourgeoise des fonds d'investissement (ALFI), mardi 23 avril lors d'un entretien avec EUROPE. Alertés par la mise à contribution des investisseurs dans la restructuration des deux principales banques chypriotes, Bank of Cyprus et Laiki, les investisseurs fortunés issus de pays émergents s'interrogeraient de plus en plus sur la sécurité de leurs placements confiés à des fonds d'investissements européens. En termes de volume, environ 20% des portefeuilles de fonds 'OPCVM', principalement gérés au Luxembourg et en Irlande, seraient alimentés par de l'argent issu de pays tiers, notamment d'Asie.
Sur le plan législatif, ALFI met en garde le législateur européen contre une sur-réglementation qui toucherait des pans entiers de l'industrie financière qui ne sont pas à l'origine de la crise et ont bien résisté en période de tempête. Exemple emblématique, la taxation sur les transactions financières (TTF), telle que proposée par la Commission européenne, tuerait le modèle commercial de certains fonds monétaires. Surtout, encadrer les bonus des gérants de fonds 'OPCVM' plus fortement que pour les banques, tel que le prévoit le rapport de Sven Giegold (Verts/ALE, allemand), méconnaîtrait totalement le fonctionnement d'une industrie qui prévoit déjà des règles limitant la prise de risque des gérants de fonds. (MB)