login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10836
SOCIAL / (ae) social

Une 'nouvelle Chine' émerge au sein de l'UE, selon l'ETUI

Bruxelles, 26/04/2013 (Agence Europe) - C'est un produit dérivé de la crise: l'UE voit émerger en son sein une 'nouvelle Chine'. Cette appellation ne fait pas référence au modèle asiatique de réussite en termes de croissance économique, mais illustre plutôt, à travers une divergence croissante entre les États membres de l'UE, l'apparition d'une zone géographiquement délimitée où le salaire minimum s'approche de celui pratiqué dans certaines parties de la Chine, voire y est déjà moins élevé, comme c'est le cas en Bulgarie.

La dernière publication de l'Institut syndical européen (ETUI), « Benchmarking Working EUROPE 2013 », présentée lundi 22 avril, s'attache cette année à un phénomène qui n'appartient plus à l'ordre de la spéculation, « mais est une évidence », a affirmé Philippe Pochet, le directeur-général de l'ETUI. L'UE se fragmente, alors même que l'essence même de cette Europe est, à l'opposé, l'intégration. C'est un processus qui s'accélère et s'accentue avec les politiques d'austérité, pour déboucher sur une Europe à trois ligues.

Les champions, car ils détiennent les lignes de crédit et les secrets de l'innovation, se composent essentiellement de la France, de l'Allemagne, du Royaume-Uni et des pays scandinaves. Dans la ligue moyenne, celle qui soutient les premiers et qui constitue leurs sous-traitants, jouent l'Espagne, l'Italie et l'Europe centrale. Finalement, les États baltes, le Portugal, la Grèce, la Bulgarie et la Roumanie sont la troisième ligue. C'est en même temps cette 'nouvelle Chine' qui émerge et qui est guidée aujourd'hui par l'objectif de la 'compétitivité par le bas'. Déconstruction du droit du travail, baisse du salaire pour faire baisser les coûts de production, dérégulation de la protection sociale sont autant d'exemples de réformes structurelles qui posent la question, selon le rapport, de la compatibilité entre cette approche et la volonté de convergence de l'UE.

Cette divergence croissante entre les États membres est « une opération sans précédent dans l'histoire de l'UE ». Les raisons de cette opération sont nombreuses et complexes, mais elles peuvent être résumées en un seul slogan, celui du « diagnostic erroné, remède mauvais ». La récession actuelle et les politiques d'austérité exacerbent les divergences, provoquent une crise et une injustice sociale, tuent la demande intérieure et mettent de l'huile sur le feu déjà bien nourri du populisme. Ce sont des phénomènes sur lesquels le rapport se penche longuement, un à un. Mais, au final, le problème de départ ne se trouvait-il pas dans les marchés financiers, s'interrogent, non sans provocation, les auteurs du rapport. (JK)

Sommaire

SOCIAL
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
INSTITUTIONNEL
POLITIQUES SECTORIELLES
ACTION EXTÉRIEURE
COUR DE JUSTICE DE L'UE
CONSEIL DE L'EUROPE
CALENDRIER