Bruxelles, 26/04/2013 (Agence Europe) - C'est un vote crucial pour la survie des abeilles qui attend les experts des 27, ce lundi 29 avril. Les experts des États membres ayant échoué de peu à se prononcer pour ou contre la proposition de la Commission européenne visant à suspendre pendant deux ans l'utilisation de trois pesticides néonicotinoïdes les plus toxiques pour les abeilles (imidaclopride, thiamétoxam et chlothianidine), la parole est au comité d'appel vers lequel la Commission européenne a décidé de se tourner (EUROPE n° 10813 et 10809).
« En dépit d'un corpus de preuves magistrales et de plus en plus nombreuses de l'impact désatreux de ces pesticides sur les polinisateurs, il y a de sérieuses craintes que les gouvernements de l'UE rejettent la proposition de la Commission suite au lobbying intense de l'industrie. Au lieu de défendre les intérêts à court terme de l'industrie agrochimique, les gouvernements et les politiques devraient donner la priorité à des solutions pour enrayer le déclin des populations d'abeilles. Le moyen le plus facile et le plus rapide d'agir, c'est d'interdire ces insecticides néonicotinoïdes », avertissait vendredi l'eurodéputé Bart Staes (Verts/ALE, belge). Et de souligner que le moratoire de deux ans proposé par la Commission européenne en janvier dernier sur la base de l'avis scientifique de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) « n'est qu'une première étape ». Selon lui, seule une interdiction totale de tous les néonicotinoïdes permettrait de sauver les abeilles. 90 eurodéputés, tous groupes confondus, ont d'ailleurs écrit au commissaire Tonio Borg pour demander une telle mesure. Rappelons qu'en mars, 13 pays au sein du comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale (dont la France, l'Italie, l'Espagne, la Pologne, les Pays-Bas et la Belgique) avaient soutenu la mesure d'interdiction temporaire. (AN)