Bruxelles, 14/09/2007 (Agence Europe) - Au lendemain d'un état des lieux sur les grands dossiers de la politique commerciale de l'UE dressé par le commissaire au Commerce Peter Mandelson (EUROPE n° 9500), le directeur général de la DG Commerce de la Commission européenne, David O'Sullivan, a informé à huis clos, mercredi 12 septembre, les membres de la commission Commerce international (INTA) du Parlement européen sur les progrès des négociations lancées au printemps dernier pour des accords bilatéraux de libre-échange (ALE) entre l'UE et l'ASEAN, la Corée du Sud et l'Inde.
ASEAN - Lancées le 4 mai dernier, les négociations restent perturbées par le fait que « le format définitif de l'accord n'est toujours pas clair ». Les négociateurs restent en effet confrontés au problème que l'ASEAN ne forme pas une zone homogène de pays en termes de développement économique, le bloc du sud-est asiatique étant constitué de sept pays en développement (Brunei, Indonésie, Malaisie, Philippines, Singapour, Thaïlande et Vietnam) et de trois pays moins avancés (Birmanie/Myanmar, Cambodge et Laos). Ils doivent, en outre, composer avec l'épineuse question de la Birmanie/Myanmar, pays avec lequel l'UE ne souhaite pas négocier compte tenu des violations répétées des droits de l'homme par la junte militaire birmane. Début mai, le commissaire Mandelson s'était entendu avec les ministres du Commerce de l'ASEAN sur une formule de compromis permettant de démarrer les négociations (EUROPE n° 9420 et 9441). Après une réunion les 19 et 20 juillet dernier, le Comité conjoint de négociation, établi en mai dernier, doit se réunir de nouveau les 22 et 23 octobre à Singapour, puis le 22 novembre. Devant les membres de la commission INTA, M. O'Sullivan a souligné « l'attitude ambivalente » des pays de l'ASEAN qui sont également très occupés à travailler à la conclusion d'ALE avec d'autres partenaires comme l'Australie, la Chine, la Corée du Sud et l'Inde.
Corée du Sud - Après deux premières sessions de discussions du 6 au 11 mai puis du 16 au 20 juillet (EUROPE n° 9421, 9427 et 9469), les négociateurs européens et sud-coréens se retrouveront du 17 au 21 septembre. Selon M. O'Sullivan, « les négociations ont eu un départ prometteur ». Toutefois, en juillet dernier, la Commission a appelé Séoul à revoir son offre à la hausse (EUROPE n° 9474). Une offre révisée insuffisante à ce stade aux yeux du commissaire Mandelson qui s'est dit, lors d'une conférence cette semaine à Bruxelles, pour l'instant « déçu » par l'approche sud-coréenne dans ces négociations.
Inde - Après une première session de discussion à la fin du mois de juin dernier (EUROPE n° 9457), les négociateurs européens et indiens doivent se retrouver dans la première semaine d'octobre. « New Delhi a fait part de son ambition de conclure les discussions en décembre 2008 » avant que n'interviennent les élections législatives de 2009, a indiqué M. O'Sullivan devant les membres de la commission INTA. « C'est probablement très ambitieux », a-t-il estimé. On sait en effet que la complexité de la structure fédérale et le poids de la bureaucratie en Inde ainsi que les différences entre l'Union et l'Inde en matière de normes et de réglementation pourraient faire durer les négociations au-delà du délai de deux années initialement espéré par les deux parties. « Nous sommes prêts à travailler pour accélérer le calendrier, mais nous avons besoin de nous assurer de la qualité du contenu de l'accord que nous cherchons à ficeler », a conclu M. O'Sullivan. (eh)