Bruxelles, 14/09/2007 (Agence Europe) - S'exprimant jeudi soir devant la presse à l'issue du séminaire de la Commission européenne (voir autre nouvelle), son président, José Manuel Barroso, a confirmé qu'il proposera le 19 septembre prochain, dans le cadre de sa proposition de 3ème paquet législatif, de créer un mécanisme de contrôle de l'accès des capitaux des pays tiers au secteur énergétique européen (EUROPE n° 9498). « Nous acceptons et accueillons les investissements de pays tiers, même s'ils n'ont pas les mêmes règles que nous. Le secteur énergétique européen doit être ouvert, mais nous ne devons pas être naïfs. Nous voulons disposer d'un mécanisme qui, si nécessaire, puisse être activé pour protéger le marché intérieur de visées extérieures qui ne seraient pas motivées par des objectifs purement commerciaux », a expliqué M. Barroso, en faisant référence à des buts qui, comme « l'influence », peuvent compromettre la sécurité nationale du pays d'accueil. « Ce sera intéressant de voir si les Etats membres sont prêts à adopter un tel mécanisme de défense du marché et des principes de concurrence lorsque cela est nécessaire », a-t-il poursuivi. M. Barroso a précisé que la Commission travaillait encore sur la définition des facteurs qui pourraient déclencher un tel mécanisme et sur ce que pourrait être la définition de comportements non commerciaux. « Bien entendu, nous voulons bien rester un marché ouvert. Notre approche n'est pas protectionniste, elle est offensive », a-t-il insisté. Tout en soulignant que ce projet de mécanisme de contrôle visait tous les pays tiers, M. Barroso a indirectement confirmé qu'il pourrait s'appliquer à certains projets d'investissement russes. « Je trouve étrange qu'une entreprise russe soit autorisée à acheter des entreprises de réseaux de transport d'énergie en Europe mais que les sociétés européennes n'aient pas les mêmes droits en Russie », a-t-il conclu, dans une allusion à peine voilée à la mainmise du monopole public gazier et pétrolier Gazprom sur le marché russe. (eh)