Bruxelles, 15/05/2007 (Agence Europe) - En marge du Conseil, les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont rencontré lundi 14 mai plusieurs de leurs homologues de la Ligue arabe pour une réunion destinée à soutenir la relance de l'initiative de paix au Moyen-Orient entérinée lors du Sommet de Riyad des 28 et 29 mars dernier. Les avis divergent néanmoins sur l'attitude à adopter à l'égard du gouvernement d'union nationale et sur la reprise du financement directe à l'Autorité palestinienne.
Pour Saoud al Fayçal, qui s'exprimait devant la presse à l'issue de la rencontre, les ministres des Vingt-sept « soutiennent le plan de paix des pays arabes et sont prêts à coopérer » pour sa mise en oeuvre et son suivi. « Nous avons montré que les pays arabes sont déterminés dans leurs efforts de paix », a jugé le ministre des Affaires étrangères saoudien, qui souhaite « rattraper le temps perdu ». Il y a « une fenêtre d'opportunité que nous devons utiliser et transformer en un élan politique », a approuvé son homologue allemand, Frank-Walter Steinmeier. Des progrès rapides sont aussi nécessaires, selon le secrétaire général de la Ligue arabe qui a plaidé pour des « mesures concrètes » au cours de 2007. « Nous sommes disposés à bouger si les autres (Israël) bougent aussi », a souligné Amr Moussa, qui fustige le blocage par les Israéliens des fonds à destination des Palestiniens. Le refus européen de traiter avec les membres du gouvernement appartenant au Hamas n'est pas justifié, selon M. al Fayçal et « vraiment injuste », selon M. Moussa, qui estime qu'« il est temps de mettre fin aux restrictions qui ont été prises sans justification du point de vue de la logique et d'une politique juste ». Et de préciser que « le financement le plus important qui doit arriver (aux Palestiniens) est leur propre argent qui est retenu par Israël ».
« Nous ne pouvons pas ignorer ce gouvernement mais les choses seraient plus simples si le langage de l'Autorité palestinienne était sans ambiguïté », a rétorqué M. Steinmeier, s'en tenant à la ligne de conduite de l'UE en la matière. Benita Ferrero-Waldner a pour sa part espéré soulever la question d'une reprise directe de l'aide lors de la prochaine réunion du Conseil « Affaires générales et relations extérieures » des 18 et 19 juin prochains au Luxembourg. Des « conditions techniques » ne sont toutefois pas encore remplies pour transférer les fonds vers un compte bancaire spécial, que le ministre des Finances palestinien, Salam Fayyad, est en passe de finaliser, a-t-elle indiqué à la presse. Plus tôt, à l'issue de sa rencontre avec le ministre des Affaires étrangères palestinien, Ziad Abu Amr, elle avait parlé de signes « encourageants » du côté palestinien. Mardi, Javier Solana, qui rencontrait lui aussi M. Abu Amr, s'est dit préoccupé par le niveau d'insécurité actuel à Gaza, où de violents affrontements opposent les deux factions rivales du Hamas et du Fatah. « Il est difficile de progresser politiquement si la sécurité n'est pas garantie », a déclaré le Haut représentant de l'UE pour la PESC lors d'une conférence de presse. (ab)