Bruxelles, 15/05/2007 (Agence Europe) - « Nous avons besoin d'un nouveau Traité et nous en avons besoin rapidement », a affirmé mardi à Bruxelles le ministre portugais des Affaires étrangères, Luis Amado, qui présidera le Conseil de l'Union européenne au cours du deuxième semestre de cette année. La base du nouveau Traité « ne devra pas être réinventée » grâce au projet de Traité constitutionnel qui a fait l'objet d'un « très fort consensus » entre les pays membres, même s'il a été rejeté par la population de deux d'entre eux, a-t-il expliqué lors d'une présentation des priorités de la Présidence portugaise de l'UE organisée par « Les amis de l'Europe » (« Friends of Europe »). Le Portugal espère que, lors du Conseil européen des 21/22 juin, la Présidence allemande réussira à jeter les bases d'un accord sur le texte du futur traité ainsi que sur un « mandat précis et clair » pour la conférence intergouvernementale (CIG) qui devra négocier et adopter le traité. « Si tel est le cas, alors je vous promets que nous travaillerons avec rapidité pour remplir ce mandat », a dit le ministre, l'objectif étant d'avoir un accord final avant la fin de l'année. Pour l'instant, les négociations sont « compliquées et dures », d'autant plus qu'elles sont entrées cette semaine dans une « phase cruciale », avec la réunion des « sherpas » des 27 pays membres le 15 mai à Berlin et le début des consultations bilatérales au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement (la chancelière Angela Merkel s'entretient ce mercredi 16 mai à Berlin avec le nouveau Président français, Nicolas Sarkozy).
A côté du futur Traité, la Présidence portugaise entend mettre un accent particulier sur les relations extérieures de l'UE et, en particulier, sur le renforcement des relations euroméditerranéennes. Les défis et menaces provenant du voisinage au sud de Union européenne sont « considérables » (pauvreté, pression migratoire, radicalisation islamique, etc.) ce qui nécessite que l'UE s'adapte et réponde à ce « nouvel environnement stratégique » par une politique et des instruments renouvelés, affirme M. Amado. Pour stabiliser la frontière sud de l'Union, « nous avons besoin de la même vision stratégique et du même engagement politique que nous avons eus en Europe de l'Est au moment de la fin de la guerre froide », estime-t-il. Ce qui ne veut pas dire qu'il faut désormais se détourner de l'Europe centrale et orientale, où la tâche de l'UE est désormais de « consolider » le travail de stabilisation déjà accompli, notamment à travers la politique européenne de voisinage (PEV) et le processus de stabilisation et d'association avec les pays des Balkans occidentaux. Les relations avec la Russie devront également être davantage renforcées, en dépit des tensions actuelles, estime le ministre portugais. (hb)