Bruxelles, 15/05/2007 (Agence Europe) - Après presque 18 mois de négociations souvent difficiles, la commission des libertés civiles du Parlement européen a rendu un avis favorable sur un règlement de codécision et une décision relatifs à la création du « Système d'information sur les visas » (VIS) qui vise à créer la plus grosse base d'empreintes digitales au monde pour améliorer la gestion et la sécurité des procédures de délivrance de visas européens. En adoptant le rapport de la baronne Sarah Ludford (ALDE, britannique) par 25 votes pour, aucun contre, et 2 abstentions, les députés ont ainsi ouvert la voie à l'adoption, lors de la plénière de juin (première lecture), de la troisième base de données principale de l'UE après le système d'information Schengen (SIS) et Eurodac (demandeurs d'asile). « Le vote d'aujourd'hui représente le point culminant d'un examen rigoureux et précis de ce projet de grande importance pour les frontières européennes et la sécurité intérieure », s'est félicitée Mme Ludford, visiblement heureuse d'être arrivée à un compromis avec la Présidence du Conseil. La base de données VIS stockera pendant un maximum de 5 ans les données personnelles et biométriques (les photos et les empreintes digitales numérisées) qui comprendra dans quelques années les photographies et les empreintes digitales de 70 millions de personnes ayant reçu une décision d'un Etat membre relative à la délivrance, ou refus, à l'annulation, à la révocation ou à l'extension d'un visa pour l'espace Schengen. Ce système contribuera également de manière importante à la sécurité interne et à la lutte contre le terrorisme et tout autre crime grave. Les autorités responsables pour les demandes de visas, l'immigration, les demandes d'asile et le contrôle aux frontières, mais également les autorités qui font appliquer les lois dans les Etats membres et Europol dans des conditions bien précises (via des points d'accès centraux), auront accès à cette base de données de la Communauté. En cas d'urgence exceptionnelle, par exemple en cas d'attaque terroriste imminente, ces vérifications pourront avoir lieu ultérieurement. Le caractère exceptionnel sera aussi de mise en cas de transfert de données à des Etats tiers ou à des organisations internationales. L'unité centrale du VIS sera située à Strasbourg et sera gérée par une Autorité de gestion permanente financée par le budget de l'UE. A noter que dans ses négociations avec le Conseil, Mme Ludford a obtenu que la Présidence s'engage, par deux déclarations politiques, à conclure un accord acceptable sur la décision-cadre - attendue depuis longtemps - sur la protection des données et la directive sur le retour concernant des normes pour renvoyer les immigrés illégaux. (bc)