Bruxelles, 15/05/2007 (Agence Europe) - En visite en Bulgarie, Charlie McCreevy a sévèrement critiqué, lundi 14 mai, les États membres qui freinent la libéralisation totale des services postaux en tentant de repousser - à 2012 ? - l'échéance envisagée pour 2009 dans la directive européenne en vigueur et confirmée par la Commission dans sa proposition législative d'octobre 2006 (voir EUROPE n°9289). « Dans le secteur postal, nous voyons que beaucoup d'États membres et des intérêts liés préfèrent renoncer aux avantages du marché intérieur en protégeant les détenteurs de monopoles », a déclaré le Commissaire européen en charge du marché intérieur. Et d'ajouter: « Un des arguments les plus entendus est que davantage de temps est nécessaire. Que la proposition n'est pas juste vis-à-vis des pays qui ont rejoint l'Union européenne ces dernières années et qui n'ont pas eu autant de temps que les autres pour se préparer. Ironiquement, cet argument est mis le plus en avant par certains des six États membres fondateurs de 1957 ». Parmi ces six États membres, la Belgique, la France et le Luxembourg sont visés, et peut-être l'Italie. La Hongrie, Malte, la Pologne et vraisemblablement la Slovaquie demanderaient aussi un report de l'ouverture à la concurrence.
M. McCreevy a dénoncé l'attitude de ces États membres qui ont « participé aux discussions et aux négociations à toutes les étapes de l'ouverture du marché dans le secteur postal » et qui ont « reconnu et approuvé les modifications qui étaient nécessaires », les mêmes qui ont ensuite « échoué » à mettre en œuvre ces réformes sur le terrain. Et de s'interroger sur le niveau d'attachement au marché intérieur des opposants à la libéralisation du secteur postal dès 2009. Fidèle à sa position selon laquelle « le protectionnisme tout simplement ne marche pas », le Commissaire a réitéré sa certitude qu'« une concurrence accrue dans le secteur postal - un secteur déjà en train de se restructurer avec l'arrivée des nouvelles technologies et des défis commerciaux - augmentera l'efficacité et l'innovation et produira des emplois durables ».
M. McCreevy a par ailleurs évoqué la révision globale de la stratégie européenne sur le marché intérieur qui devrait aboutir à un rapport complet « cet automne » (voir EUROPE n°9371). Feront partie des dossiers prioritaires pour lesquels de nouvelles initiatives pourraient être lancées « les services financiers de détail » tels que « les comptes bancaires, les crédits hypothécaires, l'assurance et les cartes de crédit » ainsi que certains « services professionnels » (ou professions libérales) comme « les services de santé et les pharmacies » par exemple, a-t-il indiqué. Il s'est prononcé pour une amélioration de la façon dont est géré le marché intérieur « à la fois aux niveaux national et européen », en impliquant davantage les consommateurs dans l'élaboration des politiques et en améliorant les systèmes de règlement des litiges. (mb)