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Bulletin Quotidien Europe N° 9424
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/russie

Le Parlement invite l'UE à rester unie et solidaire face à Moscou

Bruxelles, 10/05/2007 (Agence Europe) - Les Européens doivent parler d'une seule voix et faire preuve de solidarité face à la Russie, recommandent les députés dans une résolution commune adoptée jeudi en vue du Sommet de Samara le 18 mai prochain. Plus critiques, les groupes ADLE et des Verts-ALE n'ont pas soutenu cette résolution sur la Russie, qui, selon le texte adopté, reste pour l'UE un « important partenaire pour la constitution d'une coopération stratégique », au plan économique et commercial, mais aussi sur la scène internationale. Les députés plaident ainsi pour l'adoption « dans les meilleurs délais » du mandat de négociation avec la Russie et pour l'ouverture « sans autre retard » des pourparlers, tout en soulignant « l'importance de l'unité et de la solidarité entre Etats membres de l'UE », en particulier à propos de l'embargo russe sur la viande polonaise et des récents événements en Estonie.

Si les échanges de vues sur les droits de l'Homme se poursuivent, cette question devrait « constituer l'un des principes clés de tout engagement avec la Russie » et ne pas être qu'accessoire, soulignent aussi les députés, vivement préoccupés par la situation au regard notamment de la démocratie, de la liberté d'expression et des droits de la société civile et des citoyens de demander des comptes aux autorités russes. La répression des manifestations pacifiques de Saint-Pétersbourg et Moscou, le recours à la torture en Tchétchénie sont autant de violations des obligations internationales de Moscou, qui illustrent également une inquiétante « polarisation sociale et politique et la restriction des libertés démocratiques à la veille des élections législatives de décembre 2007 et des élections présidentielles de mars 2008 ».

La coopération avec la Russie s'avère néanmoins « indispensable » pour la paix, la stabilité, la sécurité, la lutte contre le terrorisme international et la violence extrémiste, aussi bien dans le voisinage immédiat de l'UE (Ukraine, Bélarus), qu'en ce qui concerne les conflits gelés (Haut-Karabakh, Moldova et Géorgie). Les parlementaires appellent aussi toutes les parties au dialogue sur le projet américain de bouclier anti-missile en République tchèque et en Pologne et demandent à Moscou de « ne pas retarder davantage la décision sur le statut final du Kosovo reposant sur le plan d'indépendance surveillée d'Ahtisaari ».

Sur les questions énergétiques, le partenariat UE-Russie devrait intégrer les principes d'interdépendance et de transparence, de même que l'égalité d'accès au marché aux infrastructures et à l'investissement, rappellent les députés, qui plaident pour que les principes de la Charte de l'énergie et de son protocole sur le transit soient repris dans le futur accord de partenariat. Echanges d'informations sur les technologies énergétiques avancées, contacts entre les acteurs du secteur, coopération sur les technologies non émettrices de CO2 figurent aussi parmi les évolutions souhaitées.

Mercredi, lors des débats (EUROPE n° 9423), les députés avaient déjà souligné le besoin d'unité de l'UE dans son positionnement face à Moscou et sa politique qualifiée d'impérialiste par certains ou d'intimidation par d'autres. Ce sommet représente en tout cas l'occasion de montrer notre solidarité avec l'Estonie et la Pologne, ainsi qu'un test pour la politique étrangère et de sécurité commune de l'UE. Et de souligner la dépendance mutuelle des deux partenaires, qui devraient éviter la confrontation sans éluder les questions liées aux libertés fondamentales.

« Unité et solidarité » seront nécessaires à l'UE pour « passer ce test que lui impose M. Poutine », avait ainsi plaidé Hanna Foltyn-Kubicka (UEN, Polonaise), critiquant le « jeu parfaitement réfléchi » de la Russie, qui essaie de voir jusqu'où l'Europe est prête à aller. « On veut le gaz et le pétrole bon marché et on veut l'avoir tous », a lancé Esko Seppänen (GUE-NGL, Finlandais) pour résumer le dilemme des Etats membres face aux tentatives de division de la Russie. « On a peur de Moscou et en même temps elle est indispensable », a acquiescé Bastiaan Belder (IND-DEM, Néerlandais). Or, il faut « dire très clairement que l'UE est solidaire de n'importe lequel de ses membres lorsque celui-ci est menacé », a précisé Gunnar Hökmark (PPE-DE, Suédois), qui estime que « si nous ne défendons pas l'indépendance des Estoniens, nous perdons notre propre indépendance ». Car si l'UE a besoin de la Russie, cette dernière a aussi besoin de notre aide pour moderniser ses infrastructures, développer son commerce, etc., a rappelé Reino Paasilinna (PSE, Finlandais), qui veut utiliser ce levier pour discuter du développement démocratique du pays. Même approche chez d'autres députés, qui, comme Charles Tannock (PPE-DE, Britannique), insistent sur le respect de la démocratie, des droits de l'Homme et de la liberté de la presse. Pour le Président de la commission des affaires étrangères du PE, Jacek Saryusz-Wolski (PPE-DE, Polonais), le partenariat avec la Russie ne doit pas se faire à n'importe quel prix, « pas au prix de la souveraineté des Etats membres ». Il convient d'« éviter de faire preuve de complaisance ou de se limiter à des faux-semblants » et ne « pas se concentrer simplement sur les aspects économiques ». Il est surtout inutile de « dresser les Etats membres les uns contre les autres », ajoute-t-il, en se disant persuadé que « nous allons réussir ce test ». (ab)

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