login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9424
Sommaire Publication complète Par article 12 / 48
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/bce

La BCE garde les taux inchangés, mais appelle à la vigilance

Bruxelles, 10/05/2007 (Agence Europe) - Le statu quo sur les taux d'intérêt de la zone euro a prévalu jeudi, mais les signes d'une hausse en juin se confirment. Le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), qui s'est tenu à Dublin et auquel participait le Commissaire Almunia, a décidé que le taux de soumission minimal appliqué aux opérations principales de refinancement restera inchangé à 3,75%. Le taux d'intérêt de la facilité de prêt marginal et celui de la facilité de dépôt demeureront à respectivement 4,75% et 2,75 %. Une décision unanime selon Jean-Claude Trichet, qui a immédiatement appelé à une « forte vigilance » pour la stabilité des prix. En recourant à ce terme, qui est régulièrement utilisé pour suggérer l'imminence d'une hausse des taux, le Président de la BCE a confirmé devant la presse les hypothèses d'un nouveau tour de vis monétaire en juin. Avec une politique monétaire toujours du « côté accommodant », il s'est néanmoins refusé à tout commentaire au-delà de cette échéance.

Les perspectives pour la croissance demeurent positives, avec des conditions favorables aux exportations, une demande interne et des investissements dynamiques ainsi qu'une consommation qui devrait se renforcer au fur et à mesure, a-t-il expliqué à l'issue de la réunion. Les risques demeurent néanmoins orientés à la baisse compte tenu d'éventuelles augmentations des pressions protectionnistes, d'un rebond futur des prix pétroliers et d'évolutions désordonnées des déséquilibres mondiaux. De 1,8% en avril, le taux d'inflation sera influencé dans les prochains mois par les effets de base dérivant de la volatilité passée des prix de l'énergie. En rythme annuel ; il devrait donc baisser dans les mois à venir pour remonter vers la fin de l'année et s'installer ensuite autour de 2%. Les risques haussiers pour la stabilité des prix demeurent, en raison des prix du pétrole, de nouvelles augmentations des prix administrés et des taxes indirectes et surtout de développements salariaux plus importants que prévu. Ces derniers pourraient comporter « des risques haussiers significatifs », étant donné la dynamique favorable sur les marchés de l'emploi au cours des derniers trimestres, a estimé M. Trichet, qui entend suivre « avec une attention particulière » les négociations salariales en cours dans les Etats membres. Il est dès lors important que les conventions collectives soient « suffisamment différenciées » et prennent en compte le niveau de compétitivité des prix, le toujours haut niveau de chômage dans de nombreuses économies et l'évolution de la productivité par secteur, a-t-il insisté.

Avec une croissance de la monnaie (M3 a encore progressé de 10,9% en mars) et du crédit toujours vigoureuse et des liquidités importantes, nous agirons « de manière ferme et au moment opportun » pour assurer la stabilité des prix, a dès lors indiqué M. Trichet. Est-ce à dire qu'on doit s'attendre à la poursuite du resserrement monétaire au même rythme (tous les trois mois) après le mois de juin ? Je vous révélerai comment nous voyons les choses à ce moment-là, mais « nous ferons ce qu'il faudra pour assurer la stabilité des prix », a-t-il ainsi assuré, sans faire de la barre des 4% (qui devrait donc être atteinte le mois prochain) un niveau pénalisant pour la croissance.

« Pour tous les pays et toutes les régions de la zone euro, nous appelons énergiquement à des politiques budgétaires équilibrées », a aussi réaffirmé le Président de la BCE, pour qui « il faut, du côté des dépenses publiques, faire tout ce qui est nécessaire pour la rigueur ». En ce qui concerne le niveau élevé de l'euro par rapport au dollar, j'ai noté avec intérêt les déclarations du secrétaire au Trésor américain, qui a confirmé qu'un dollar fort est dans l'intérêt des Etats-Unis, a-t-il aussi répondu aux journalistes. « Notre mandat n'est mis en question par aucun pays », a par ailleurs précisé M. Trichet, se réjouissant que les appels à une modification des statuts de la BCE émis durant la campagne présidentielle française, ne soient plus au goût du jour. (ab)

Sommaire

JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES
INTERPENETRATION ECONOMIQUE