Bruxelles, 10/05/2007 (Agence Europe) - Etabli à la demande du Conseil européen de décembre 2006 et à l'initiative conjointe de la Commission et du Haut représentant Javier Solana (document sur les aspects extérieurs de la politique énergétique, mai 2006, voir EUROPE n° 9202), le Réseau des Correspondants de l'énergie de l'Union (NESCO) a vu le jour jeudi 10 mai à l'occasion de sa première réunion, sous la houlette de la commissaire aux Relations extérieures Benita Ferrero-Waldner, accompagnée de son collègue à l'Energie, Andris Piebalgs. Le but de cette première réunion était de définir un mandat clair pour le NESCO, ses termes de référence, son système de communication et son champ d'application.
Constitué de représentants de la Commission, du Secrétariat général du Conseil et des Etats membres, le NESCO est un système souple en termes bureaucratiques, sans coûts supplémentaires et sans double emploi avec les structures existantes. Il vise à doter l'Union de la capacité collective à surveiller la sécurité de son approvisionnement énergétique et à utiliser cette fonction de surveillance comme un système d'alerte rapide afin que les Vingt-sept disposent à temps d'informations et d'analyses leur permettant de prendre des décisions et d'élaborer des mesures en cas de menaces précises. Sa valeur ajoutée réside dans la mise en commun d'informations (d'ordre technique, géopolitique et concernant le marché) pour permettre aux Vingt-sept de mener une action externe coordonnée: ainsi, le NESCO sera en mesure d'assurer une surveillance globale des aspects extérieurs de l'approvisionnement énergétique, d'établir des évaluations communes des facteurs qui ont un impact sur la sécurité de l'approvisionnement et de jouer un rôle d'alerte rapide efficace en cas de risque de rupture d'approvisionnement en énergie, quel que soit le lieu et le moment où elle peut intervenir. S'il n'a qu'un rôle informel dans l'élaboration des politiques, la prise de décisions ou le suivi opérationnel, le NESCO doit contribuer au renforcement de la coopération entre les acteurs énergétiques.
Le NESCO assurera un contrôle continu et un échange d'informations en opérant via un portail Internet sécurisé. Les informations collectées et traitées couvriront les aspects de la sécurité énergétique dans les pays tiers (y compris des données liées à l'entretien et au développement des infrastructures) ainsi que des informations importantes de nature réglementaire, politique et concernant le marché qui peuvent avoir une influence sur la sécurité énergétique de l'Union. Toutes les sources d'énergie primaires et secondaires seront couvertes et toutes les informations relatives aux aspects énergétiques internes seront mises à la disposition du NESCO qui utilisera donc des informations émanant de diverses sources: les États membres et la Commission par le biais de leur réseau de 130 délégations dans les pays tiers, le Centre de situation conjoint de l'Union au sein du Secrétariat général du Conseil, l'AIE et l'AIEA… Le NESCO utilisera également les structures existantes gérées par la Commission ou le Secrétariat général du Conseil comme le Groupe de coordination pour le gaz ou le Groupe d'approvisionnement pétrolier par exemple.
Les correspondants sont issus des Etats membres (un représentant du ministère des Affaires étrangères et un du ministère de l'Energie par Etat membre), du Secrétariat général du Conseil et de la Commission (DG Relex et DG Tren). Etabli au sein des services de la Commission et en collaboration avec le Secrétariat général du Conseil, le point de contact (focal point) coordonnera les travaux du réseau. Avec l'aide de la cellule de crise de la DG Relex et du Centre de situation conjoint de l'Union, il évaluera les informations recueillies pour garantir leur fiabilité. L'opportunité et/ou la portée d'une évaluation donnée fondée sur les informations reçues sera examinée au sein du réseau ; lorsqu'une évaluation plus approfondie sera jugée nécessaire, une demande visant à obtenir des données complémentaires sera lancée par le biais du réseau. L'évaluation sera réalisée en faisant le meilleur usage possible des compétences spécialisées disponibles parmi les membres du NESCO. Via le point de contact, le réseau devra attirer l'attention des services compétents sur les évaluations qui pourraient nécessiter un suivi opérationnel et assurer l'alerte précoce concernant des situations spécifiques face auxquelles l'Union pourrait avoir à agir. Ainsi, en plus d'une réunion annuelle pour examiner la situation globale et son propre fonctionnement, le NESCO se réunira sur convocation du point de contact à la demande d'un membre du réseau et sera coprésidé par la Commission et la Présidence du Conseil. (eh)