Bruxelles, 10/05/2007 (Agence Europe) - Dans la perspective de l'adoption jeudi par l'assemblée plénière du rapport du Lituanien Eugenijus Maldeikis (UEN) sur l'« évaluation du Traité Euratom » après 50 ans d'existence, les Verts ont présenté mercredi à Bruxelles une nouvelle étude, réalisée à la demande de l'Allemande Rebecca Harms et intitulée « le risque résiduel », sur les accidents survenus dans les centrales nucléaires depuis Tchernobyl en 1986. « Ces 20 dernières années, le monde a vécu dans l'illusion que maîtriser la sécurité dans une centrale nucléaire est possible. En réalité, chaque jour, d'innombrables incidents surviennent dans les centrales nucléaires et, à plusieurs reprises depuis Tchernobyl, la catastrophe a été évitée de justesse », a expliqué à la presse Mycle Schneider, le coordinateur de l'étude menée par 7 experts indépendants de l'Union of Concerned Scientists (Etats-Unis), de l'Öko-Institut (Allemagne) et de l'Institut für Risikoforschung (Autriche). « L'étude Skala réalisée par INES de l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA) est trompeuse parce qu'elle n'évalue que les conséquences en termes de radioactivité, minimise l'importance d'incidents qui auraient pu dégénérer et ne réagit au danger que lorsqu'il est trop tard », a poursuivi le lauréat d'un « prix Nobel alternatif » et dont l'étude qu'il coordonne recense 16 événements significatifs survenus depuis 1986 dans des centrales nucléaires de 9 pays (Allemagne, Belgique, Bulgarie, Etats-Unis, France, Hongrie, Japon, Suède et Taïwan).
« Le conflit relatif à l'utilisation de l'énergie nucléaire entre dans une nouvelle phase car le lobby nucléaire fait l'éloge de son produit comme de la panacée pour lutter contre le changement climatique. Des experts de l'ONU en climatologie comme certains experts de la Commission et du Parlement européen lui donnent entièrement raison. Mais on ne peut répondre au risque du réchauffement climatique par une expansion du risque nucléaire. La réponse nucléaire est une fausse bonne réponse du politique », s'est pour sa part insurgée Mme Harms, avant d'ajouter: « Contrairement à ce que prétend le président français sortant Jacques Chirac, le nucléaire n'est pas une source d'énergie durable ». L'énergie nucléaire « reste une technologie à haut risque que nous tentons tous d'oublier », a poursuivi la députée allemande, estimant que l'absence d'accidents provoquant la fusion du cœur d'un réacteur nucléaire depuis Tchernobyl et Three Mile Island « ne veut pas dire qu'un tel accident n'est plus possible à l'avenir ». Parmi les centaines d'incidents survenant chaque année dans les centrales nucléaires du monde entier, Mme Harms a notamment mis l'accent sur l'incident à la centrale suédoise de Forsmark l'été dernier. « Vraisemblablement, quelques minutes seulement auraient séparé les Suédois et nous d'un accident comme celui de Tchernobyl en Ukraine », a-t-elle ajouté, expliquant que cet incident a été le déclencheur qui l'a amenée à commander l'étude conduite par
M. Schneider « pour aiguiser les consciences sur les dangers liés au nucléaire » et « contrer le refoulement collectif des risques dû à une information fausse ou incomplète ».
L'étude disponible sur le site des Verts au Parlement européen: http: //http://www.greens-efa.org. (eh)