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Bulletin Quotidien Europe N° 9424
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/culture

La Commission jette les bases d'une stratégie européenne de la culture comme vecteur de diversité culturelle, de croissance économique et de compréhension interculturelle avec les pays tiers

Bruxelles, 10/05/2007 (Agence Europe) - Sans toucher aux prérogatives des Etats membres, la Commission européenne souhaite insuffler un nouvel élan à la culture, tant au sein de l'UE, que dans les relations qu'entretient l'UE avec les pays tiers - et en particulier les pays partenaires en développement. Une communication politique adoptée le 10 mai par le collège des Commissaires traduit cette volonté et pose les jalons d'une toute première stratégie européenne de la culture, ouverte à la diversité en Europe, et ouverte au monde, pour faire de la culture un vecteur de croissance économique et de compréhension interculturelle.

La communication, intitulée « Un agenda européen de la culture à l'heure de la mondialisation », affirme le rôle fondamental de la culture dans le processus d'intégration européenne et insiste sur l'importance que revêt la dimension extérieure de la culture en Europe pour promouvoir les échanges entre cultures. Aussi la stratégie européenne proposée poursuivra-t-elle trois objectifs: la promotion de la diversité culturelle et du dialogue interculturel, la promotion de la culture en tant que catalyseur de la créativité dans le cadre de la stratégie de Lisbonne, et la promotion de la culture en tant qu'élément indispensable dans les relations extérieures de l'UE devant faire l'objet d'un dialogue politique. La création d'un fonds culturel ACP/UE doté d'une mise initiale de 30 millions d'euros du 10ème Fonds européen de développement (2008-2013) pour favoriser la diffusion et la production de produits culturels ACP (Afrique/Caraïbe/Pacifique) est la proposition la plus concrète avancée par la Commission pour le volet extérieur de cette stratégie.

En présentant à la presse, les grands axes de cette stratégie future, Jan Figel, Commissaire à la Culture, la Jeunesse et l'Education, a souligné que « l'Europe se définit beaucoup plus par la culture et des valeurs communes que par le monde des affaires et la géographie ». Et même si l'action de l'UE dans le domaine de la culture s'appuie sur l'article 151 du Traité qui laisse aux Etats membres la compétence première, l'UE doit « étayer le patrimoine commun ». Evoquant la Convention de l'UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles entrée en vigueur le 18 mars dernier, le Commissaire a ajouté: « nous sommes prêts à contribuer à ce que la culture joue un rôle plus important dans l'UE et à l'extérieur de l'UE. Nous voulons un dialogue structuré avec les acteurs de la culture, notamment via un nouveau Forum culturel ».

C'est la raison pour laquelle la Commission propose d'introduire un système de coopération plus structuré entre les Etats membres et les institutions européennes dans le domaine culturel, fondé sur la méthode ouverte de coordination (MOC) qui a été utilisée avec succès pour mettre en place la collaboration entre les Etats membres et la Commission en matière d'éducation et de formation, de jeunesse et de protection sociale. Aux termes de la stratégie proposée, les Etats membres et la Commission devront convenir d'objectifs généraux, et tous les deux ans, les avancées réalisées seront évaluées. Interrogé sur la nature de ces objectifs, Jan Figel a cité l'amélioration de la qualité des données sur la contribution des industries créatrices à la croissance (données sur la mobilité de l'art, les conditions d'assurance des œuvres, la fiscalité, la distribution de la production culturelle, etc.). Car si, d'après une étude de la Commission, les industries de la culture et de la création ont contribué en 2003 pour 2,3% au PIB de l'UE-25 et employé 5,8 millions de personnes (soit 3,1% de la population totale), « il y a peu de preuves de cette contribution », a ajouté le Commissaire.

Commentant le volet Relations extérieures de la stratégie, Louis Michel, Commissaire européen au Développement (à la veille de prendre son congé de la Commission, du 12 mai au 10 juin pour raisons électorales), s'est réjoui de l'attention enfin portée « à une dimension de la coopération au développement jusqu'ici beaucoup trop sous-estimée, voire oubliée ». La Commission propose des mesures pour renforcer l'importance de la culture en tant que composante du dialogue politique avec les pays et régions partenaires, pour promouvoir les échanges culturels et intégrer systématiquement la culture dans les programmes et les projets de développement. C'est, selon M. Michel, une excellente chose, conforme au consensus européen sur le développement par lequel l'UE a choisi, en 2005, de « considérer la culture comme un vecteur puissant de développement, et non pas un vecteur résiduel». « La culture et la création artistique participent à l'émergence ou au réveil de l'énergie vitale d'une communauté. Reconnaître une œuvre d'art, c'est reconnaître l'autre dans sa richesse intérieure », a ajouté le Commissaire en refuant « l'idée d'une hiérarchie ou d'un ordre culturel ». Dans les relations avec les pays ACP, la stratégie visera, d'une part, à garantir l'accès des populations à la culture et à favoriser l'industrie culturelle et, d'autre part, à favoriser l'accès au marché européen des produits culturels ACP, a expliqué Louis Michel.

Le Fonds culturel ACP/UE financera, par exemple, la production culturelle dans les pays ACP, l'organisation d'expositions avec des œuvres d'art africain, la publication d'un catalogue des œuvres africaines, l'accès des artistes ACP en Europe pour de grandes manifestations culturelles, a précisé le Commissaire, ajoutant: « Mais il faut qu'on leur accorde des visas. Or, c'est parfois difficile pour des artistes africains de les obtenir. La méthode ouverte de coordination permettra de savoir qui tient ses promesses». Louis Michel a par ailleurs insisté sur la nécessité de protéger les artistes ACP du « pillage culturel, du pillage de la créativité ».

Ce fonds pourrait-il financer des opérations de restitutions de biens culturels aux pays ACP ? « J'y serais plutôt favorable, mais cela dépend beaucoup des Etats membres », a répondu Louis Michel. La discussions UE-ACP à ce sujet n'est pas close, mais si une décision était prise, le fonds pourrait effectivement financer ce genre de démarche ».

La communication approuvée par la Commission est le fruit d'un exercice de consultation des décideurs et de tous les acteurs intéressés dans toute l'Europe. (an)

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