Bruxelles, 10/05/2007 (Agence Europe) - Le président polonais Lech Kaczynski a précisé jeudi la position polonaise sur plusieurs aspects du futur Traité de l'Union européenne. Dans une interview au Monde datée du 10 mai, M. Kaczynski: - rejette une fois de plus la « double majorité » (55 % des États membres, avec un minimum de 15 États, représentant au moins 65 % de la population de l'Union) prévue dans le Traité constitutionnel. « Nous n'accepterons pas le système de vote proposé dans le projet actuel. Pour la Pologne, cette question est cruciale », affirme le président qui explique qu'il y a « une grande différence » entre l'actuel Traité de Nice, qui est particulièrement bénéfique pour la Pologne, et la double majorité « dont le plus grand bénéficiaire serait l'Allemagne », alors que « celui qui perdrait le plus serait la Pologne ». « Aucun pays ne saurait l'approuver », conclut M. Kaczynski ; - réaffirme son hostilité à propos d'un futur « ministre européen des Affaires étrangères ». La Pologne estime que la politique étrangère de l'Union « est déjà une réalité », mais qu'elle est influencée et dirigée « seulement par les deux ou trois Etats les plus forts de l'Union ». La création du poste d'un ministre européen des Affaires étrangères ne corrigerait pas cette situation mais, au contraire, réduirait davantage la liberté d'action des petits Etats en matière de politique étrangère, estime M. Kaczynski. « Si le poste de ministre des Affaires étrangères devait être créé, les Etats les plus puissants de l'Union continueraient à mener une politique étrangère indépendante, alors que les Etats les plus faibles verraient leur liberté d'action tomber à zéro » ; - se dit ouvert à recourir davantage, « dans une certaine mesure », au vote à la majorité qualifiée au Conseil, « mais pas tel que le propose l'actuel projet constitutionnel ».
Le Président polonais s'est aussi prononcé contre un « Etat européen », préférant que l'UE reste « une union très étroite d'Etats indépendants » qui devrait néanmoins, selon lui, « approfondir l'intégration » pour être plus efficace sur des sujets tels que la lutte contre le réchauffement climatique ou la recherche. L'UE devrait aussi défendre « d'une façon bien plus énergique » ses intérêts communs sur la scène internationale, estime M. Kaczynski: « L'Union devrait disposer d'outils pour pouvoir agir beaucoup plus fortement. Je parle de la force physique, d'une armée européenne (…) Il devrait être possible d'envoyer des soldats européens sur le théâtre d'affrontements ou dans des zones sensibles. Je pense au Liban, par exemple ». (hb)