login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9399
Sommaire Publication complète Par article 23 / 45
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/climat

L'Union européenne espère que le rapport attendu des scientifiques internationaux sur les impacts du réchauffement servira d'élan à des décisions politiques résolues

Bruxelles, 02/04/2007 (Agence Europe) - Les décideurs politiques européens retenaient leur souffle, le 2 avril à Bruxelles, à l'ouverture des travaux du Groupe intergouvernemental de l'ONU sur l'évolution du climat (GIEC en français, IPCC en anglais) qui doit finaliser son rapport scientifique sur les impacts des changements climatiques attendu le 6 avril en tant que contribution au quatrième rapport d'évaluation du GIEC (EUROPE n°9398). C'est que ce rapport, intitulé « Changement climatique: impacts, adaptation, vulnérabilité » devrait établir un diagnostic alarmant des conséquences prévisionnelles majeures des changements climatiques sur les écosystèmes naturels, l'économie et les sociétés dans les principaux continents, les régions polaires et les petites îles, et détailler divers scénarios pour aider à se préparer à éviter le pire. Tous le savent, et comptent sur les données scientifiques du deuxième groupe de travail du GIEC pour donner un nouvel élan aux décisions politiques requises à l'échelle internationale pour que le monde, et en particulier les pays en développement, les plus vulnérables au réchauffement planétaire, puissent s'adapter à un phénomène que le seul Protocole de Kyoto ne suffira pas à endiguer. Ce rapport fera la synthèse de six années de travail de 2 500 scientifiques, qui ont mis à contribution quelque 800 auteurs (dont 450 auteurs principaux) de 130 pays,

Guy Verhofstadt, le Premier ministre belge, s'est réjoui que cette réunion scientifique de haut vol puisse être accueillie à Bruxelles, capitale de l'Europe, car « l'Europe est chef de file et assume sa part de responsabilité dans le réchauffement planétaire », ainsi qu'en témoigne la décision du Conseil européen du 9 mars « d'aller plus loin » que le Protocole de Kyoto. « J'applaudis ces décisions ambitieuses (…) et je lance un appel aux décideurs politiques des autres pays industrialisés, et en particulier les Etats-Unis, l'Inde et la Chine, non seulement pour qu'ils signent l'actuel Protocole de Kyoto, mais aussi qu'ils se lancent dans les nouvelles négociations nécessaires sur des objectifs plus ambitieux (…) qui sont éminemment urgents, à l'échelle mondiale. Nous ne pouvons laisser notre planète dans un état aussi dramatique à nos enfant et petits-enfants. Ce serait tout à fait irresponsable. Des mesures impopulaires sont inévitables. Et c'est aux politiciens d'aujourd'hui de prendre ces mesures. Pas les politiciens de quelques pays, mais de tous », a-t-il déclaré. Et de plaider pour que «tous prennent des mesures pour changer le comportement des gouvernements, des entreprises et des familles ». Puisque le changement climatique soulève des questions vitales et exige des actions résolues à tous les niveaux, il est essentiel d'optimiser constamment l'utilisation des ressources de recherche ; l'objectif d'une telle approche étant « d'accélérer la transposition des résultats de la recherche scientifique dans des politiques pour préserver l'environnement », a souligné M. Verhofstadt. « Les conséquences du changement climatique sont plus claires que jamais. Et ses impacts semblent beaucoup plus tragiques que nous ne l'avions imaginé jusqu'ici », a fait observer le Premier ministre belge. Il se réjouit qu'aujourd'hui grâce au film d'Al Gore « Une vérité qui dérange », « des millions et des millions de gens comprennent que le nombre important d'ouragans, d'inondations et de vagues de chaleur ne sont pas une coïncidence, et qu'une augmentation des températures d'un seul degré peut avoir de nombreuses conséquences très graves ». Les rapports scientifiques IPCC sont, selon lui, l'autre facteur déterminant qui, fort opportunément, « a mis un terme au débat en établissant que le changement climatique est incontestable et que l'humanité en est responsable ».

Stavros Dimas, Commissaire européen à l'Environnement, s'est félicité de l'engagement des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE « sur un paquet historique de politiques énergétique et climatique, et sur des objectifs » - unique par son niveau d'ambition et son approche intégrée. Si le groupe des pays industrialisés doit viser une réduction de 30% de ses émissions de gaz à effet de serre à l'horizon 2020, les pays en développement doivent aussi faire des efforts, mais différenciés: les pays émergents doivent accepter des objectifs de réduction contraignants, tandis qu'aucun objectif obligatoire ne sera exigé des pays les moins avancés qui ont de toute façon le niveau d'émissions le plus faible et sont pourtant les plus vulnérables aux changements climatiques. Il conviendra en revanche « d'accroître notre coopération avec eux pour les aider à minimiser les impacts négatifs du changement climatique » via le mécanisme de développement propre, a expliqué le Commissaire. « Dans les discussions, beaucoup de pays attendent les autres. L'UE n'attend pas pour agir », ainsi qu'en témoigne son engagement unilatéral (-20% d'ici à 2020). « Il faut que les Etats-Unis bougent pour mettre un terme à une attitude négative dans les négociations internationales (…) », a déclaré le Commissaire en soulignant que ce pays ne réduit pas ses émissions (qui se situent aujourd'hui à 16% au-dessus du niveau de 1990). « Je ne comprends pas pourquoi l'Australie n'a pas ratifié le Protocole de Kyoto alors que 80% de l'opinion publique y est favorable » et qu'un rapport consultatif indique qu'avec la ratification, la réduction des émissions coûtera 30% moins cher à ce pays qu'aujourd'hui. « C'est de l'orgueil politique », a lancé Stavros Dimas.

Impatient de disposer du rapport finalisé du GIEC, le Commissaire a annoncé que la Commission publiera « dans quelques semaines, un Livre vert sur la stratégie d'adaptation au changement climatique ». (an)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES
SUPPLEMENT HEBDOMADAIRE