Bruxelles, 02/04/2007 (Agence Europe) - L'Union européenne est en bonne voie pour atteindre les objectifs qu'elle s'est fixés de porter son niveau moyen d'aide publique au développement à 0,7% du PIB d'ici à 2015. Mais du chemin reste à faire, car ce bon résultat global cache des performances inégales entres les Etats membres, certains d'entre eux étant largement à la traîne. C'est le message que va faire passer la Commission européenne dans une communication qu'elle adoptera le 4 avril sur le suivi des engagements de l'UE en matière d'aide publique au développement, intitulée « L'UE tient ses engagements - conserver nos promesses de financement du développement ». Cette communication s'inscrira dans un paquet plus large visant à pousser les Etats membres à concrétiser tous les engagements qu'ils ont pris en 2005 et 2006, pour accroître l'efficacité de l'aide européenne et pour porter à 1 milliard d'euros par an, à partir de 2010, leur aide au commerce, en vue d'en accorder une part significative aux pays ACP (Afrique, Caraïbe, Pacifique) pour faciliter la mise en place des accords de partenariat économique (APE).
Si au Conseil européen de Barcelone en 2002 (avant la conférence de l'Onu à Monterrey, mars 2002), l'UE s'était engagée à atteindre 0,7% du PIB en 2015 pour les anciens Etats membres (et 0,33% pour les nouveaux Etats membres), elle s'était fixé comme objectif intermédiaire d'atteindre collectivement 0,39% en 2006. Or, à l'échéance convenue, cet objectif intermédiaire était dépassé: la moyenne de l'UE était à 0,43% de son PIB (les Etats-Unis étaient à 0,17% seulement, le Japon à 0,25%, l'Australie et le Canada à 0,30%), soit 48 milliards d'euros ou encore 100 euros par citoyen et par an. Ce résultat a placé l'UE au rang de plus grand donateur d'aide publique au développement au monde avec 57% de l'APD mondiale.
« Sans vouloir faire de concours de beauté, cette excellence dans la moyenne collective cache des différences individuelles. Certains Etats membres ont donné plus de 1% de leur PIB. Autre bonne nouvelle: les nouveaux Etats membres ont doublé leur APD depuis leur adhésion », fait observer une source proche de la Commission européenne.
Ce résultat dont peut s'enorgueillir l'UE est à imputer principalement aux très bonnes performances de dix anciens Etats membres en 2006. Le champion incontesté était la Suède (1,03%), suivie par le Luxembourg (0,89%), les Pays-Bas (0,81%) et le Danemark (0,80%), l'Irlande (0,53%), le Royaume-Uni (0,52%), la Belgique (0,50%), l'Autriche (0,48%), la France (0,47%) et la Finlande (0,39%). L'Allemagne (0,36%) et l'Espagne (0,32%) étaient en dessous de l'objectif, mais s'en approchaient. Le plus mauvais élève a été la Grèce (0,16%), suivie par le Portugal (0,21%) et l'Italie (0,20%). Les piètres performances de ces trois Etats membres sont l'une des préoccupations majeures de la Commission, bien que l'assurance ait été donnée par les gouvernements qu'un rattrapage serait effectué en 2007-2008.
L'autre préoccupation tient à la tendance de certains Etats membres à substituer à l'augmentation de l'aide publique au développement, des opérations ponctuelles d'annulation de la dette de certains pays comme le Nigeria ou l'Irak. Dans l'esprit de la Commission, un effort budgétaire de ces Etats membres serait opportun pour conduire à un accroissement annuel de l'APD.
La Commission devrait donc inviter ces Etats membres à établir une feuille de route détaillée pour accroître leurs flux d'APD jusqu'en 2010 - échéance à laquelle les Etats membres se sont engagés à atteindre collectivement l'objectif de à 0,56% (et 0,51% individuellement), comme étape vers le 0,7% en 2015. Ces feuilles de route lui permettraient de suivre de près la situation et de faire rapport chaque année sur les progrès accomplis. (an)