Bruxelles, 06/06/2005 (Agence Europe) - « On oublie trop facilement que, lorsqu'en 1954 l'Assemblée nationale avait voté « non » à la Communauté européenne de défense (CED), le choc ressenti par les dirigeants européens de l'époque était au moins égal à celui que nous éprouvons aujourd'hui devant le « non » français et néerlandais », a dit José Manuel Barroso le 4 juin à Messine, lors de la célébration du 50ème anniversaire de la conférence qui avait relancé la construction européenne pour déboucher sur la Communauté économique européenne et la Communauté européenne de l'énergie atomique (célébration voulue par le ministre italien de la Défense Antonio Martino, fils de Gaetano Martino, le ministre italien des Affaires étrangères de l'époque). Après l'échec de la CED, a rappelé le président de la Commission, les dirigeants européens « n'ont pas renoncé à leurs idéaux. (…) Paul-Henri Spaak, devenu ministre belge des Affaires étrangères, a proposé de convoquer une conférence pour préparer un plan de relance. L'initiative a été très bien accueillie par Johan Willem Beyen, ministre néerlandais des Affaires étrangères, qui voulait même aller plus loin, vers une « intégration économique générale ». M. Barroso invite à raviver « l'esprit de Messine », en estimant: « Il nous incombe de ne pas nous réfugier dans la paralysie. Nous devons montrer à nos concitoyens, parfois un peu sceptiques, que l'Union européenne peut apporter maintenant plus que jamais une réponse efficace à leurs préoccupations et relever les défis du nouveau millénaire. (…) La Commission continue et continuera à prendre d'importantes décisions qui apportent de réels avantages à tous les citoyens de l'Europe. (…) Le premier test sera peut-être de parvenir à un accord sur les perspectives financières 2007-2013 ». En exhortant les dirigeants européens à « ne pas s'enfermer dans des clivages idéologiques (…) le monothéisme du marché et le monothéisme de l'Etat », M. Barroso relance son appel à éviter « des actions unilatérales et dispersées » et à attendre le Sommet des 16 et 17 juin. Dans un message envoyé à Messine, le Président Ciampi affirme pour sa part: « Face aux difficultés, on ne fait pas marche arrière et on ne capitule pas: on surmonte les obstacles avec davantage de vigueur ; on ne compromet pas le patrimoine acquis ; on s'engage à le développer ».