Bruxelles, 06/06/2005 (Agence Europe) - « Le rapport ne fait pas état d'une violation massive à grande échelle, mais il y a des abus », a déclaré Dick Oosting, Directeur du bureau européen d'Amnesty International, lors de la présentation la semaine dernière du rapport d'Amnesty sur la politique anti-terroriste de l'UE (voir EUROPE n°8959). Selon lui, l'équilibre entre la lutte contre le terrorisme et la protection des droits fondamentaux en Europe n'est pas satisfaisant. Gijs de Vries, Coordinateur de l'UE contre le terrorisme, a estimé à la même occasion que le rapport ne couvre pas entièrement la politique de l'UE, et que cela risque de créer une « confusion » auprès du public. La protection des données personnelles, par exemple, n'est pas mentionnée dans le rapport, alors qu'elle est considérée par l'UE comme un droit fondamental, a-t-il indiqué, soulignant que « ce n'est qu'après avoir examiné la politique de l'UE dans son ensemble que l'on peut juger si l'équilibre est atteint ». Jonathan Faull, Directeur général de l'UE pour la justice, la liberté et la sécurité à la Commission européenne, a tenu à souligner que « dans sa politique, l'UE n'a jamais considéré et ne considérera jamais les droits de l'Homme comme des barrières à la lutte contre le terrorisme ». La Commission, a-t-il rappelé, est en train de finaliser sa proposition sur la création d'une Agence européenne des droits fondamentaux, et devrait aussi présenter une série de livres verts (sur la présomption d'innocence, le jugement par contumace et la charge de la preuve).