Bruxelles, 06/06/2005 (Agence Europe) - La Commission a démarré des tests sur le marché afin de vérifier la compatibilité de l'offre de Microsoft avec la décision de mars 2003, imposant à la firme américaine des remèdes pour abus de position dominante. La proposition présentée mardi dernier par Microsoft (EUROPE n°8958) porte sur l'obligation d'interopérabilité, qui permet à ses concurrents (les concepteurs de systèmes d'exploitation pour serveurs de groupe de travail) d'acquérir les protocoles de données sur base d'une documentation technique détaillée. Microsoft a revu les conditions d'accès à ces informations, qui étaient jusqu'à présent « déraisonnables et discriminatoires », indique la Commission dans un communiqué. « Je suis heureuse que Microsoft ait reconnu certains principes qui doivent être pris en compte dans sa mise en œuvre de la décision de la Commission », affirme Neelie Kroes, Commissaire à la concurrence. Microsoft s'engage notamment à autoriser le développement et la vente de produits interopérables à l'échelle mondiale et à fournir gratuitement certaines des informations. L'affaire n'est en revanche pas réglée pour la publication des informations sous forme de licences « open sources ». Microsoft refuse cette possibilité, tandis que la Commission l'estime nécessaire, au moins pour les protocoles qui ne contiennent pas d'innovations. Elle se dit « déterminée à veiller à ce que ce soit le cas immédiatement après un éventuel jugement favorable du Tribunal de première instance ». Les tests sur le marché devraient durer deux semaines, a indiqué lundi le porte-parole de Neelie Kroes. Une décision pourrait intervenir fin juillet, avait-t-il dit la semaine dernière. Sur la mise à disposition d'une version de Windows dépourvue du logiciel Media Player, il a rappelé que des tests du marché ont eu lieu, mais que tant qu'il n'y a pas un accord sur tout il n'y en a sur rien. Le mandataire chargé de vérifier l'application de la décision par Microsoft n'a pas encore été désigné, a-t-il ajouté, espérant que Microsoft présenterait « un candidat acceptable à très brève échéance ».