Bruxelles, 29/10/2003 (Agence Europe) - Le Commissaire européen chargé du commerce Pascal Lamy a mis en garde une fois de plus contre toute tentation de rouvrir dans la précipitation les négociations sur l'Agenda de développement de Doha, après l'impasse de Cancun. Selon le Financial Times de mercredi, M.Lamy a constaté que "il est clair que la température monte. Un certain nombre de pays signalent leur disponibilité à reprendre le travail à Genève et leur bonne volonté, en offrant de la flexibilité". Et il a ajouté: à ce stade, je peux m'imaginer que, si leur volonté est bonne, ils ne devront pas attendre trop longtemps avant que l'UE précise sa position". Cependant, M. Lamy s'étonne d'entendre que les Etats-Unis et 20 autres pays de la côte Pacifique ont indiqué la semaine dernière qu'ils sont prêts à reprendre les négociations sur la base du texte du ministre mexicain des Affaires étrangères Luis Ernesto Derbez, qui avait présidé les travaux à Cancun. "Je me demande quelle poudre magique a été saupoudrée sur un texte si rondement rejeté en septembre, pour le rendre si rondement entériné en octobre", s'étonne M. Lamy.
Par ailleurs, le vert allemand Daniel Cohn-Bendit et Hannes Lorenzen, de l'ONG EuropeanAgriCultural Convention, affirment, dans une tribune publiée mercredi par Libération, que, après l'échec de Cancun, l'UE devrait renoncer à subventionner ses exportations agricoles, tout en précisant: "la souveraineté alimentaire exige des mesures de protection contre les différentes formes de dumping (...). Les mesures de protection extérieure pour l'agriculture doivent être nuancées, et non purement et simplement supprimées", en s'inspirant de la notion de "protection extérieure qualifiée" introduite dans une résolution du PE sur l'OMC et la réforme de la PAC. En outre, ils suggèrent qu'une "convention internationale de l'agriculture et de l'alimentation mondiale" contribue à "préparer de nouvelles discussions participatives sur la sécurité alimentaire mondiale et le commerce équitable dans le domaine agricole". Selon eux, le Parlement européen et la FAO devraient engager cette initiative.