Bruxelles, 29/10/2003 (Agence Europe) - Les prévisions économiques d'automne 2003-2005, publiées mercredi, par la Commission européenne anticipent une accélération de la croissance, en 2004, jusqu'à 1,8% du PIB dans la zone euro et 2% dans l'UE, après une année 2003 plutôt décevante, pour laquelle il est prévu tout au plus une croissance de 0,4% du PIB dans la zone euro et de 0,8% du PIB dans l'UE. La Commission confirme la dégradation de la situation budgétaire en Europe et avertit que les déficits publics de l'Allemagne et de la France pourraient rester jusqu'en 2005 au-dessus de la valeur de référence de 3% du PIB fixée par le Pacte de stabilité (voir plus loin). Autre motif d'inquiétude: pour la première fois depuis 1994, la zone euro devrait enregistrer un recul de l'emploi (perte de 200.000 emplois).
Le Commissaire Pedro Solbes a relevé, mercredi devant la presse, des signes encourageants qui montrent que « le pire est derrière nous ». La Commission prévoit que la croissance dans la zone euro pourrait approcher 2,3% en 2005 (2,4% pour l'UE). « Malgré les efforts substantiels dans la mise en œuvre de la stratégie de Lisbonne, le potentiel de croissance de l'Europe reste peu élevé et davantage de réformes structurelles s'imposent », a commenté M. Solbes, avant de souligner que le défi majeur de l'UE sera justement d'augmenter ce potentiel de croissance et qu'il ne faudra pas, cette fois-ci, « rater cette chance ». La Commission prévoit, pour 2003, une croissance négative aux Pays-Bas (-0,9%) et au Portugal (-0,8%), une croissance nulle en Allemagne et légèrement positive en France (0,1%) et en Italie (0,3%). La croissance devrait rester « robuste » en Espagne (2,3% en 2003, puis 2,9% en 2004) et en Grèce (4,1% en 2003 et 4,2 % l'année d'après). Pour 2004, elle prévoit une croissance, de 1,7% en France, de 1,6% en Allemagne et de 1,5% en Italie. Pour les non membres de la zone euro, la Commission s'attend aux performantes suivantes: - +2,0% au Royaume-Uni en 2003 (puis 2,8% en 2004) ; - +0,8% en 2003 (+2% en 2004) pour le Danemark ; + 1,4% en Suède en 2003 (de 2,2% en 2004). En outre, elle prévoit une inflation de 2,1 % en moyenne dans la zone euro cette année (2,3 % en 2002), puis de 2% en 2004 de 1,7 % en 2005.
Les déficits de la France et de l'Allemagne pourraient dépasser 3% jusqu'en 2005
Les prévisions de la Commission montrent que les déficits publics de l'Allemagne et de la France devraient rester au-dessus des 3% du PIB jusqu'en 2005. De plus, à politiques constantes, le Portugal et l'Italie risquent de rejoindre en 2005 le camp des Etats membres ayant franchi la valeur de référence de 3% du PIB. M. Solbes a souhaité minimiser la portée de ces prévisions en soulignant qu'elles avaient été établies avant l'adoption définitive des budgets des Etats membres pour 2004. « Il est vrai que la plupart des Etats membres sont engagés dans le processus budgétaire » et « dès lors, nos prévisions en matière de déficits et de dette doivent être considérées avec prudence à ce stade », a-t-il indiqué, avant d'ajouter: « j'espère sincèrement que tous les pays feront de leur mieux » pour assainir leurs finances. En répondant à des questions, M. Solbes a exclu à ce stade de lancer une procédure d'avertissement contre l'Italie dont les déficits publics se rapprochent du plafond de 3%. La Commission suivra "avec attention" l'évolution des finances publiques italiennes, mais "ce n'est pas encore le moment d'aller plus loin", a-t-il indiqué.
« Les finances publiques ne sont pas en bonne santé », a reconnu M. Solbes, avant de préciser que le déficit des administrations publiques dans la zone euro devrait se creuser pour atteindre en moyenne 2,8 % du PIB en 2003 (2,7 % dans l'UE), après une moyenne de 2,2 % en 2002 dans la zone euro et 1,9 % dans l'UE. M. Solbes a confirmé que le solde budgétaire des administrations publiques devrait se dégrader en 2003 dans tous les Etats membres de l'UE (sauf en Belgique). Pour l'Allemagne, la Commission prévoit un déficit public de 4,2% du PIB en 2003, de 3,9% en 2004 et de 3,4% en 2005 (après 3,5% en 2002). En France, elle table sur un déficit de 4,2% cette année, 3,8% en 2004 et 3,6% en 2005. M. Solbes a précisé qu'un deuxième groupe comprend les Etats membres dont le déficit s'est creusé cette année ou devrait se rapprocher des 3%: Italie (déficit de 2,6% en 2003, puis 2,8% en 2004 et 3,5% en 2005), Pays-Bas (2,6% en 2003, puis 2,7% en 2004 et 2,4% en 2005), Portugal (2,9% en 2003, puis 3,3% en 2004 et 3,9% en 2005) et Royaume-Uni (2,8% en 2003, puis 2,7% en 2004 et 2,4% en 2005). Le troisième groupe rassemble les pays dont le déficit devrait rester en deçà de 1¾ % du PIB en 2003, à savoir Grèce, Irlande, Luxembourg et Autriche. Le dernier groupe se compose des pays qui devraient de nouveau enregistrer un excédent en 2003, à savoir Espagne, Belgique, Danemark, Finlande et Suède.