Bruxelles, 28/01/2002 (Agence Europe) - Habib Ben Yahia, ministre tunisien des Affaires étrangères, qui co-préside ce mardi la 3è session du Conseil d'Association UE-Tunisie, appelle l'Europe à contribuer plus activement à "sortir de l'impasse" du processus de paix au Proche-Orient. Il a condamné la violence "d'où qu'elle vienne, quand elle touche les civils quels qu'ils soient, Palestiniens ou Israéliens", tout en estimant que, "sans excuser, il faut tenter de comprendre" les actes désespérés et "savoir pourquoi une jeune fille s'est tuée" en sacrifiant sa vie. "Je me range à l'avis de Louis Michel qu'il ne faut pas diaboliser Yasser Arafat; il est un leader et un symbole et c'est avec lui qu'il faudra faire la paix", dit le ministre, qui rappelle la proposition déjà faite au Conseil de sécurité de l'ONU d'envoyer sur le terrain des "observateurs internationaux afin de rompre le cycle de la violence". Cette force doit être "armée uniquement d'appareils photos et de caméras", dit-il, en estimant qu'il n'est pas nécessaire d'avoir "l'aval des deux parties" pour mobiliser cette mission d'observation (il a cité le cas de Chypre et du Liban, où le Conseil de sécurité n'avait pas eu à recueillir l'avis des belligérants).
Le ministre a également souhaité que l'UE s'engage davantage dans la lutte contre le terrorisme (qui est un des thèmes de ses discussions de mardi avec la Troïka communautaire), alors que, selon lui, elle a semblé pendant des années en ignorer le danger lorsqu'il touchait les territoires autres que les siens. "Nous avons alerté les autorités européennes sur les individus présents dans leurs pays et dont les implications dans des activités terroristes sont dûment prouvées. Mais les législations européennes ne permettaient de réprimer les activités terroristes que quand elles touchaient à la sécurité de leurs propres pays", a-t-il regretté, en constatant qu'après le 11 septembre "nos amis européens ont pris les choses avec plus d'attention et de sérieux". La Tunisie "n'a pas attendu le 11 septembre pour mettre de l'ordre dans sa maison", dit le ministre qui propose "la recette tunisienne" qui a permis de "neutraliser ce phénomène, non seulement par des mesures sécuritaires mais surtout par une accompagnement économique et social, et en particulier par une campagne de lutte contre le pauvreté, l'exclusion et la marginalisation politique globale (qui a donné, en Tunisie, d'excellents résultats)", a-t-il estimé.