Bruxelles,28/01/2002 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères des Quinze, réunis à Bruxelles pour statuer sur le sort à réserver à la coopération entre l'Union et le Zimbabwe, ont décidé lundi soir, à l'unanimité, de clore les consultations entamées avec ce pays au titre de l'article 96 de l'accord de Cotonou et d'infliger aux autorités des sanctions ciblées si quatre conditions strictes ne sont pas remplies.
Les conclusions du Conseil soulignent que ces sanctions ciblées seront mises en œuvre: 1) si le gouvernement de Robert Mugabe empêche le déploiement des observateurs de l'Union dont la mission doit débuter le 3 février pour suivre le scrutin présidentiel des 9 et 10 mars) ou s'il empêche ces observateurs de travailler efficacement; 2) si les autorités zimbabwéennes empêchent les médias internationaux d'avoir libre accès aux élections ou de les couvrir ; 3) si l'on note une grave détérioration de la situation sur le terrain, en termes de violations des droits de l'homme ou d'attaques contre l'opposition ; 4) si l'évaluation des élections révèle que celles-ci n'ont pas été libres et équitables.
Pour justifier cette menace de sanctions, le Conseil invoque le non-respect des éléments essentiels visés à l'article 9 de l'Accord de Cotonou - respect des droits de l'homme, des principes démocratiques, de l'Etat de droit -, la persistance de violations graves des droits de l'homme, le peu de progrès enregistré pour garantir le libre accès des observateurs et des médias internationaux, et le regret qu'en dépit des efforts déployés pour parvenir à une solution, les consultations menées au titre de l'article 96 de Cotonou n'aient pas permis de remédier à la situation dénoncée par l'Union.
Les conclusions ne donnent en revanche aucune précision sur la nature des sanctions, mais le ministre britannique, Jack Straw, a précisé à la presse qu'elles consisteraient en un gel des visas et des avoirs pour 22 personnes membres du régime ou proches de Robert Mugabe, un embargo sur les exportations d'armes et d'équipements susceptibles d'alimenter la répression interne.