Bruxelles, 28/01/2002 (Agence Europe) - Après avoir menacé de procéder par décret à la libéralisation des marchés du gaz et de l'électricité si le Conseil ne parvenait pas à une position commune avant la fin de la Présidence espagnole de l'UE (voir EUROPE du 18 janvier, p. 7), la Commission européenne semble vouloir composer avec Paris à la veille du Sommet de Barcelone, qui sera décisif pour l'avenir du dossier. Dans un entretien publié par Le Monde du 25 janvier, la Commissaire Loyola de Palacio indique qu'elle accepterait un compromis fondé sur les positions récemment révélées par le président d'EDF François Roussely, à savoir: ouverture des marchés entre 2003 et 2005 pour les entreprises et report à une date ultérieure de l'ouverture du marché des particuliers. "Une décision sur l'ouverture du marché de l'électricité et du gaz en 2003 et 2004 aux entreprises serait un pas en avant très important, car nous parlons d'une immense majorité de la consommation. On est au-dessus de 70 %", déclare-t-elle au grand quotidien français, précisant toutefois qu'il n'était pas question pour la Commission de "lâcher" sur l'ouverture à terme de 100 % du marché de l'électricité. "Si le problème de la France est lié (...) à l'aspect service public, cela concerne le consommateur privé. Sur ce point, je suis prête à chercher des flexibilités (...) (qui) peuvent porter sur la date ou sur le renforcement du service public", dit Mme de Palacio, pour qui, compte tenu de sa position compétitive sur le marché européen, la France a tout intérêt à la libéralisation. Par ailleurs, elle se déclare "pas satisfaite" de l'Allemagne, qui a libéralisé à 100 % tout en maintenant - et en voulant maintenir - son système d'accès négocié qui lui permet d'éviter ou de différer l'entrée sur son marché de concurrents étrangers. Et elle dit à l'Allemagne: « c'est vrai, vous avez libéralisé à 100 %. Mais c'est la théorie. Malheureusement, la réalité ne suit pas exactement (…). Il faut donc changer votre système".