Les ministres de l’Agriculture des pays du G7 se sont réunis, lundi 8 juin, pour examiner les moyens de soutenir les agriculteurs face aux répercussions du conflit au Moyen-Orient et aux tensions sur les marchés de l’énergie et des engrais, dans un contexte de perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales (EUROPE 13874/4).
La ministre française de l’Agriculture, Annie Genevard, a réuni ses homologues des États-Unis, du Royaume-Uni, de l’Allemagne, de l’Italie, du Canada et du Japon, ainsi que des représentants de l’Union européenne, de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et du Système d’information sur les marchés agricoles (AMIS).
Les discussions ont porté sur les risques liés à la hausse des prix des intrants agricoles, en particulier les engrais et les carburants destinés aux usages non routiers, considérés comme un enjeu stratégique pour la sécurité alimentaire mondiale.
Selon les analyses de la FAO, de l’AMIS et de l’OCDE, plusieurs risques pourraient se matérialiser à moyen et long terme, avec des effets directs sur les coûts de production agricole et la viabilité économique des exploitations.
Dans ce contexte, les ministres du G7 ont souligné la nécessité de renforcer la transparence des marchés, de diversifier les sources d’approvisionnement et de soutenir la résilience des chaînes de valeur agricoles.
Le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen, a alerté sur les « ondes de choc » provoquées par les tensions au Moyen-Orient sur les marchés de l’énergie et des engrais, aux conséquences graves pour les utilisateurs de ces intrants.
Il a rappelé que la disponibilité et l’accessibilité financière des engrais constituent une question stratégique pour la sécurité alimentaire mondiale, soulignant que les agriculteurs européens, notamment les céréaliers, font face à une accumulation de difficultés.
La hausse des coûts des engrais, combinée à des prix agricoles relativement bas, assombrit les perspectives économiques du secteur. La Commission européenne continue de surveiller étroitement les marchés et les flux commerciaux.
La situation reste globalement sous contrôle pour la campagne en cours, notamment pour les cultures d’hiver, mais pourrait se dégrader l’an prochain pour les cultures de printemps et les éleveurs.
Christophe Hansen a également rappelé la dépendance de l’Union européenne à l'égard des importations d’intrants essentiels comme le gaz naturel, l’ammoniac ou le phosphate, dans un contexte où les prix des engrais étaient déjà orientés à la hausse avant la crise actuelle.
La Commission a indiqué avoir suspendu les droits de douane sur certains engrais et présenté en mai un plan d’action visant à répondre aux pressions immédiates et aux vulnérabilités structurelles du secteur, combinant soutien à court terme via la PAC et stratégie de long terme pour renforcer la production européenne et diversifier les approvisionnements.
Enfin, le commissaire a appelé à maintenir des marchés ouverts, prévisibles et fondés sur des règles, à éviter les restrictions à l’exportation et à renforcer les outils de transparence, notamment avec le système AMIS.
Les ministres ont estimé que ces échanges devraient nourrir les discussions du sommet des dirigeants du G7, prévu à Évian la semaine prochaine. (Lionel Changeur)