Le Conseil de l’UE a adopté, lundi 8 juin, des sanctions à l’encontre de deux personnes et d'une entité impliquées dans la perturbation de la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz.
L’UE sanctionne ainsi le commandement provincial d'Hormozgan de la marine du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI). La marine du CGRI a pris le contrôle du détroit d'Ormuz et a mis en place un système de péage. Le commandant adjoint chargé des affaires politiques et porte-parole de la marine des Gardiens de la révolution islamique, Mohammad Akbarzadeh, est soumis à des sanctions. Il en est de même pour Hamid Hosseini, représentant de l'Union des exportateurs iraniens de pétrole, de gaz et de produits pétrochimiques et membre de la Chambre de commerce iranienne, qui « promeut la politique consistant à soumettre les navires aux autorités iraniennes, à se soumettre à une évaluation et à payer les droits de transit pour un passage sûr dans le détroit d'Ormuz ».
Depuis Nicosie, où les ministres de la Défense européens tenaient une réunion informelle, la Haute Représentante de l’UE, Kaja Kallas, a rappelé que c’était la première fois que les Européens prenaient des sanctions envers des responsables du blocage du détroit d’Ormuz.
Voir les actes juridiques : https://aeur.eu/f/m81
La Haute Représentante a également rappelé avoir proposé, dès que les conditions le permettront, que l'opération navale ASPIDES puisse contribuer à la coalition franco-britannique dans le détroit. « À la lumière des discussions (entre les ministres), nous poursuivrons nos efforts sur cette proposition », a-t-elle annoncé. Elle a rappelé qu'ASPIDES contribuait « de manière cruciale à la protection de la navigation en Mer Rouge ». « La récente menace des Houthis de cibler des navires également en mer Rouge témoigne de l'importance de cette mission », a-t-elle expliqué.
Appel à la paix. Au-delà de la sécurité maritime, la Haute Représentante de l’UE a appelé à éviter toute escalade militaire, alors que des échanges de frappes ont eu lieu entre l’Iran et Israël. « La région est enlisée dans des phases de pourparlers de paix et de cessez-le-feu fragiles. Une reprise d'une guerre à grande échelle aurait des conséquences désastreuses pour l'ensemble de la région. Toutes les parties doivent reprendre les négociations », a-t-elle souligné.
Samedi, dans une déclaration au nom de l’UE, Mme Kallas avait appelé à la cessation immédiate de toute action militaire entre Israël et le Hezbollah, au retrait du premier du territoire libanais et du second du secteur sud du Litani.
« L’UE a confiance qu’Israël et le Liban poursuivront des négociations directes dans un esprit constructif. Nous exhortons tous les acteurs à respecter pleinement les termes de l’accord et à rejeter toute condition supplémentaire du Hezbollah », avait-elle ajouté, précisant que l’UE était prête à appuyer la mise en œuvre d’un accord entre Israël et le Liban.
Voir la déclaration : https://aeur.eu/f/m82 (Camille-Cerise Gessant)