La commission des libertés civiles du Parlement européen (LIBE) a eu un échange de vues, lundi 8 juin, sur le financement des politiques d'asile, de migration et d'intégration (FAMI) pour la période 2028-2034.
La rapportrice principale, Ana Catarina Mendes (S&D, portugaise), a présenté un projet de rapport axé sur une politique d'« intégration solidaire ». Face à la proposition de la Commission européenne, qui introduit un nouveau modèle basé sur la performance liant les fonds à des réformes structurelles plutôt qu'au remboursement des coûts réels, Mme Mendes souhaite que l'intégration redevienne l'objectif prioritaire de ce règlement. Pour cela, elle préconise de sanctuariser des quotas fixes, exigeant « au moins 20% pour les actions d'intégration » et restreignant à « seulement 5% pour les pays tiers » la part allouée à la dimension externe de la politique migratoire.
Ces propositions ont immédiatement cristallisé les divisions politiques entre les rapporteurs fictifs. Loucas Fourlas (PPE, chypriote) a recentré le débat sur la sécurité, en insistant sur le fait qu'« un financement adéquat pour la gestion des frontières et la sécurité intérieure reste essentiel » et en rappelant la responsabilité partagée des États de 'première ligne'.
Le ton s'est particulièrement durci à droite de l'hémicycle. Jorge Buxadé Villalba (PfE, espagnol) a fustigé une politique « déconnectée de la réalité », affirmant que « les Européens réclament des expulsions massives » et reprochant au projet de rapport de négliger les causes profondes dans les pays d'origine. Dans une approche plus souverainiste, Nicolas Bay (CRE, français) s’est opposé à l'idée de quotas obligatoires, qui vont, selon lui, « à l'encontre de cette réforme et du principe de subsidiarité », réclamant une flexibilité totale pour les États membres.
Seule l'écologiste Anna Strolenberg (néerlandaise) a soutenu le texte présenté. Bien que critique envers le 'Pacte sur la migration et l'asile, qui entre en vigueur ce vendredi, elle a estimé nécessaire désormais d'« en tirer le meilleur parti » et d'investir dans le renforcement des garde-fous humanitaires, « plutôt que de dépenser pour les frontières extérieures ». (Justine Manaud)