Une délégation d’une vingtaine d’États membres de l'UE s’est rendue à Kaboul la semaine dernière, dans le cadre d'une « mission administrative » visant à discuter avec le régime taliban du rapatriement de migrants afghans, a indiqué la Commission européenne lundi 26 janvier, confirmant les propos de la ministre belge de l'Asile et de la migration, Anneleen van Bossuyt, deux jours plus tôt.
Devant la presse, celle-ci avait déclaré qu'à l'issue des discussions, les autorités talibanes s'étaient dites « prêtes à participer à l’identification des migrants irréguliers ».
Ce déplacement visait à « relancer la coopération technique avec l'Afghanistan », un projet mis en avant par la Commission depuis plusieurs mois (EUROPE 13775/6). La ministre belge a cependant nié toute « affinité avec le régime afghan », soulignant la nécessité de « coopérer administrativement » avec les Talibans pour répondre aux préoccupations migratoires.
Le sujet avait également été au cœur des débats pendant la réunion informelle consacrée aux Affaires intérieures, jeudi 22 janvier à Nicosie (EUROPE 13792/16). Devant la presse, en amont des débats, Mme van Bossuyt avait insisté sur l'importance de ce sujet, rappelant que 20 États membres, dont la Belgique, avaient signé une lettre adressée à Magnus Brunner, commissaire européen aux Affaires intérieures et aux Migrations, demandant « des solutions européennes pour le retour vers l’Afghanistan » (EUROPE 13734/17).
Le ministre suédois, Johan Forssell, avait également réclamé devant un petit groupe de journalistes « un plan d’action sur l’Afghanistan », priorisant « les cas de personnes ayant commis des crimes » et plaidant pour une coopération technique entre les États membres. (Justine Manaud)