Les ministres européens de l'Agriculture ont reconnu, lundi 26 janvier, l’importance stratégique de la bioéconomie pour le secteur agroalimentaire et les zones rurales.
La Présidence chypriote du Conseil a souligné, après le débat, plusieurs priorités : le renforcement des producteurs primaires (soutien aux agriculteurs, sylviculteurs et pêcheurs), l’accès aux marchés et l’innovation, la simplification des règles, le financement (Fonds européen pour la compétitivité, Horizon Europe, politique agricole commune...), ainsi que la durabilité et la circularité, a indiqué Maria Panayiotou, ministre chypriote.
L’Allemagne et la Suède ont insisté sur la nécessité d’éviter toute surréglementation, de réduire les charges administratives et de garantir l’accès au marché et aux investissements tout en reconnaissant le rôle central des producteurs primaires. La Hongrie et plusieurs pays d’Europe centrale ont mis en avant l’importance de la biomasse locale, du principe de l’utilisation en cascade et de l’initiative BioEast, appelant à une meilleure visibilité des marchés et à des partenariats structurés.
L’Espagne a souligné les enjeux de sécurité alimentaire, plaidant pour des enveloppes financières dédiées à l’agriculture et à la pêche dans le futur Fonds européen pour la compétitivité. La France a insisté sur la création de valeur pour les producteurs primaires, la priorité aux usages alimentaires et le rôle stratégique des filières agricoles, forestières et aquacoles.
Les pays nordiques, dont la Finlande, ont mis l’accent sur l’innovation, la simplification réglementaire et l’accès au financement. Les États côtiers, comme l’Italie, la Grèce et le Portugal, ont fortement défendu la bioéconomie bleue, la valorisation des déchets de la pêche et le potentiel des bioproduits.
Enfin, un large consensus s’est dégagé sur la nécessité de renforcer la recherche, de soutenir les PME, de garantir la sécurité alimentaire et d’assurer une mise en œuvre flexible, adaptée aux réalités nationales et régionales.
La commissaire à l'Environnement, Jessika Roswall, a présenté la stratégie actualisée de l’UE pour la bioéconomie comme un levier clé de compétitivité, de résilience et d’autonomie stratégique pour les agriculteurs, les pêcheurs et les aquaculteurs (EUROPE 13774/16). Elle a souligné l’objectif de réduire les dépendances extérieures en s’appuyant sur l’innovation, la recherche et la biomasse européenne.
La stratégie vise à stimuler les investissements, à créer des marchés porteurs et à renforcer les partenariats, notamment par le développement de matériaux biosourcés, de fertilisants biologiques et de nouvelles chaînes de valeur. Un accent particulier est mis sur l’aquaculture et l’économie bleue, ainsi que sur la reconnaissance du rôle des producteurs primaires dans la préservation des écosystèmes, selon la commissaire.
Pour le commissaire à l'Agriculture, Christophe Hansen, il convient de trouver un équilibre entre performance économique et durabilité environnementale dans la bioéconomie. Il a évoqué les opportunités de revenus supplémentaires pour les agriculteurs grâce à la fourniture de biomasse et à la valorisation des résidus agricoles.
La stratégie doit renforcer la résilience des exploitations et contribuer à la stabilisation des marchés agricoles, notamment via l’économie circulaire, selon lui. M. Hansen a mis en avant des exemples concrets, comme le biogaz et la transformation des effluents d’élevage en fertilisants afin de réduire la dépendance aux intrants importés et de soutenir une agriculture plus autonome et durable.
Le Conseil 'Environnement' du 17 mars devrait adopter de telles conclusions sur la bioéconomie. (Lionel Changeur)