Un peu plus de deux mois après sa présentation par la Commission européenne, les ministres des États membres chargés des Affaires européennes ont tenu un échange portant sur le 'Bouclier démocratique européen' (EUROPE 13789/16), lors du déjeuner de travail du Conseil 'Affaires générales', lundi 26 janvier.
Inscrit à l’ordre du jour par la Présidence chypriote, qui en a fait l’une de ses priorités, le débat avait pour visée de préciser la portée de l’initiative et les conditions de sa mise en œuvre.
Présenté en novembre dernier (EUROPE 13750/4) dans le cadre d’un 'paquet démocratie', le 'Bouclier' devrait renforcer les défenses démocratiques de l’UE afin de la prémunir contre les ingérences étrangères, la désinformation et les menaces hybrides, fléaux qui gagnent en importance et auxquels le futur arsenal devrait répondre en alliant protection de l’espace informationnel, soutien aux institutions démocratiques et développement de la résilience sociétale et de l’engagement citoyen.
La création d’un 'Centre européen pour la résilience démocratique' fait notamment partie des principales propositions.
En marge du Conseil, plusieurs États membres - dont la Slovénie et l’Estonie - ont rappelé l’urgence d’avancer face aux risques d'ingérence, notamment à l’approche d’échéances électorales nationales.
Interrogée lors de la conférence de presse conclusive au sujet de critiques émanant du Parlement européen quant au manque d’ambition du 'Bouclier', la vice-présidente exécutive de la Commission chargée de la Souveraineté technologique, de la Sécurité et de la Démocratie, Henna Virkkunen, a rappelé que la proposition pouvait évoluer sur proposition du Parlement ou du Conseil de l’UE et que l’objectif n’était pas de dupliquer les dispositions existantes, mais de mobiliser plus efficacement les capacités déjà disponibles au niveau européen et national.
Selon la Présidence chypriote, les discussions sur le 'Bouclier démocratique' se poursuivront dès le prochain Conseil 'Affaires générales', en février, afin de permettre une mise en œuvre progressive de l’initiative d’ici 2027. (Nithya Paquiry)