En commission parlementaire du Commerce international (INTA), les eurodéputés ont échangé, à huis clos, lundi 26 janvier, sur les relations transatlantiques, quelques jours après le Sommet européen convoqué en urgence pour répondre aux menaces de rétorsion commerciale de l'administration américaine (EUROPE 13791/1).
Même si le président américain, Donald Trump, est revenu sur son annonce de surtaxe visant huit pays européens impliqués dans un exercice militaire au Groenland, les rapporteurs du PE sur les négociations de l'accord UE/États-Unis de juillet 2025 ont décidé, la semaine dernière, de se laisser plus de temps avant de relancer les négociations (EUROPE 13792/24).
Pour de nombreux députés, il n’est pas encore possible d’évaluer, faute de détails, la pertinence du plan pour le Groenland, sur lequel M. Trump et le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, sont parvenus à un accord-cadre au Forum économique de Davos le 21 janvier dernier.
À la sortie de la réunion INTA, une source parlementaire a expliqué à Agence Europe que les discussions suivaient leur cours normalement, avant d’envisager un déblocage des négociations des deux règlements liés à l’accord de l’été entre l’UE et les États-Unis sur le commerce. Ces textes, qui auraient dû être votés ce lundi en commission, visent à baisser ou supprimer les tarifs sur une série de produits américains (EUROPE 13791/14).
Pour cette source, il faut encore évaluer la situation. « Les menaces de M. Trump sont désormais structurelles. On ne sait pas à quelle annonce s’attendre par la suite », a-t-elle mis en garde.
Un autre interlocuteur au PE reconnaît qu’« il y a des divergences sur la réponse à donner, avec plus ou moins de force contre l’administration américaine, mais dans l’ensemble, nous étions d’accord ».
Il a ainsi remarqué : « La relation avec les États-Unis est une relation toxique. Dans une relation normale, on coupe les ponts, mais avec les États-Unis, ce n’est pas évident ».
Les rapporteurs fictifs des deux règlements sur l’accord de l’été entre l’UE et les États-Unis – dont beaucoup n’étaient pas présents ce lundi - doivent se réunir mercredi 4 février, pour décider de la marche à suivre, avant la prochaine réunion INTA, le 23 février.
Pour l’heure, une majorité semble s’être dégagée pour ne pas demander à la Commission européenne d’ouvrir une enquête dans le cadre de l’outil anti-coercition, permettant à l’UE de sélectionner des contre-mesures à l’encontre de pays hostiles sur le plan commercial (EUROPE 13790/23). (Pauline Denys)