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Bulletin Quotidien Europe N° 13790
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ACTION EXTÉRIEURE / États-unis

Au Parlement européen, le PPE se montre peu enclin à mobiliser l’outil ‘anti-coercition’ face au « chantage commercial » de Donald Trump

Un report des négociations au Parlement européen sur l’accord UE-États-Unis de l’été 2025 sur les tarifs douaniers semble être scellé : mardi 20 janvier, les présidents des principaux groupes politiques réitéraient leur appel à faire preuve de fermeté face aux nouvelles intimidations du président américain, Donald Trump. Les avis divergeaient toutefois sur les mesures ciblées de riposte commerciale.

« Les États-Unis n'obtiendront pas un accès à 0% de droits de douane au marché unique européen », a confirmé le président du PPE, Manfred Weber. Toutefois, il a appelé à « rester calmes, afin de ne pas aggraver la situation ».

Selon lui, mettre ainsi en péril l’accord de l’été (EUROPE 13694/15) est déjà un moyen de pression suffisant pour faire revenir les  États-Unis à une approche « fiable ».

« Il ne faut pas aggraver la situation par des mesures supplémentaires à ce stade », a-t-il insisté.

Cette position, tout comme celle que semble suivre la Commission européenne actuellement, n’est pas assez ferme, selon les groupes des Verts/ALE, le S&D, Renew Europe et La Gauche. Ils ont appelé à employer les outils à la disposition de l’UE, comme l'activation, par la Commission, de l’outil anti-coercition, ouvrant la voie à une série de contre-mesures commerciales (EUROPE 13789/2).

Terry Reintke (allemande), coprésidente des Verts/ALE, estime qu'il faut, dans ce cadre, envisager d’instaurer une taxe sur les services numériques, « puisque les oligarques américains de la tech en ont peur », mais aussi renforcer le DSA ('Digital Services Act').

Selon deux autres sources parlementaires, il est également nécessaire de porter un regard critique sur l’'omnibus numérique' qui vise à simplifier la législation européenne dans le domaine, sous la pression de l’administration Trump et des GAFAM.   

Martin Schirdewan (La Gauche, allemand) estime que l’UE doit en outre « affirmer clairement qu'elle n'achètera pas de gaz de schiste américain polluant et qu'elle est attachée à l'indépendance énergétique ».

Un appel à activer « sans délai » l’outil anti-coercition de l’UE a aussi été lancé par le président des Patriotes pour l’Europe, Jordan Bardella (français), avec « des mesures ciblées sur les services et exportations américaines ».

« Soit on réagit avec la fermeté nécessaire, soit on est condamné à disparaître face aux logiques impériales de plus en plus fortes », a-t-il insisté.

Gel de l’accord commercial. Une discussion est toujours prévue mercredi 21 janvier entre rapporteurs au sein de la commission parlementaire du commerce international (INTA) pour acter le gel des négociations sur l’accord de l’été (EUROPE 13786/6).

Une majorité des groupes politiques du PE dits « pro-démocratie » en faveur de cette suspension s’est dessinée rapidement, à la suite du « chantage commercial » exercé par Donald Trump, samedi 17 janvier, à l’encontre de huit pays européens s’étant engagés dans un exercice militaire pour protéger le Groenland (EUROPE 13789/2).

Le nouvelle menace de tarifs supplémentaires de 10% sur ces pays a irrité les dirigeants et parlementaires européens issus d’un large spectre politique.

La sortie du week-end a été suivie, lundi 19 janvier, d’une nouvelle annonce : une possible surtaxe de 200% sur le vin français, en réaction au refus du président français, Emmanuel Macron, de rejoindre l'initiative américaine de 'Conseil de paix' (EUROPE 13789/23).

Le CRE à contre-courant. Seul le groupe des Conservateurs et réformistes européens (CRE) a déclaré qu’un gel des négociations commerciales initiales avec les États-Unis serait « une erreur ».

« Cet accord n'est pas optimal pour nous, mais il présente un avantage pour les deux parties. Il est contraire à nos intérêts de l'interrompre », a déclaré le président du groupe, Nicola Procaccini (italien), lors d’une conférence de presse.

Dans le cadre de l’accord horizontal de juillet 2025, il était notamment question d’appliquer un tarif de 15% sur toutes les importations européennes aux États-Unis en échange de la baisse des tarifs douaniers sur certains produits américains.

Afin d’honorer cette partie de l’accord, le Parlement européen devait encore se prononcer sur les deux règlements encadrant cette baisse (EUROPE 13762/15). Un vote en commission parlementaire du commerce international (INTA) devait normalement avoir lieu la semaine du 26 janvier. Ce ne sera donc plus le cas. (Pauline Denys)

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