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Bulletin Quotidien Europe N° 13794
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SÉCURITÉ - DÉFENSE - ESPACE / Otan

L'Europe ne peut pas se défendre sans les États-Unis, prévient Mark Rutte

Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a estimé, lundi 26 janvier, que l’Europe et les États-Unis avaient besoin l’un de l’autre pour leur défense.

« Si quelqu'un pense encore ici que l'Union européenne, ou l'Europe dans son ensemble, peut se défendre sans les États-Unis, continuez de rêver. Vous ne le pouvez pas. Nous ne le pouvons pas, nous avons besoin les uns des autres », a-t-il souligné lors d’une audition au Parlement européen à Bruxelles.

Selon M. Rutte, si les Européens veulent construire leur propre alliance, cela ne leur coutera pas 5% (objectif de dépense de l’OTAN), mais 10% de leur PIB - et il faudrait développer une propre capacité de dissuasion nucléaire.

« Cela coûte des milliards et des milliards d'euros. Et dans ce scénario, vous perdriez le garant ultime de notre liberté, à savoir le parapluie nucléaire américain. Donc, bonne chance ! », a-t-il lancé. Le secrétaire général a cependant reconnu que le temps où l’on pouvait faire reposer la charge de la sécurité de l’Europe sur les États-Unis était « révolu ».

Interrogé sur le pilier européen de l’OTAN, M. Rutte a estimé que l’UE et l’Alliance devaient se concentrer sur leurs complémentarités. Selon lui, si ce pilier signifie une répartition des forces et jouer sur les forces des deux organisations, « c’est parfait ». Mais s’il s’agit d’une force européenne, cela impliquera des doublons et des complications, a-t-il prévenu. « Poutine adorera ! », a-t-il lancé.

S’il ne l’a pas mentionné dans ses propos introductifs, M. Rutte a été interrogé par de nombreux députés sur les menaces américaines à propos du Groenland. Il a précisé que les parties s’étaient mises d’accord sur deux axes de travail : l’un entre le Danemark, les États-Unis et le Groenland - pour lequel le secrétaire général ne sera pas impliqué, et un autre sur la défense collective de l’architecture de sécurité de l’Arctique - ce qui implique l’OTAN (EUROPE 13792/4).

« Il s’agira de savoir comment travailler au mieux collectivement pour éviter que la Russie et la Chine agissent davantage dans l’Arctique, qu’elles ne deviennent pas des adversaires militaires dans la région », a expliqué M. Rutte, soulignant aussi qu’il fallait éviter que ces deux pays rivaux des Américains et des Européens aient un accès économique à l’Arctique.

Ukraine. L'ancien premier ministre néerlandais est également revenu sur le soutien militaire à l’Ukraine, qui passe notamment par l’initiative PURL. Celle-ci consiste au financement par les Européens et les Canadiens de matériel militaire américain envoyé en Ukraine, notamment des Patriots.

Selon M. Rutte, les besoins en financement militaire pour l’Ukraine pour 2026 sont de plus de 60 milliards d’euros. Il a donc mis en garde les Européens contre des conditions trop strictes de l’utilisation du prêt de 90 milliards d’euros qui sera octroyée à Kiev sur la période 2026-2027 (EUROPE 13786/4).

« Le paquet va faire une énorme différence pour la sécurité ukrainienne », a-t-il expliqué, appelant les eurodéputés à « faire preuve de souplesse quant à l’utilisation des fonds, à ne pas être trop restrictifs » au moment de privilégier les achats de produits européens, comme le souhaitent certains États membres tels que la France.

« L’Europe construit son industrie de la défense, mais elle ne peut pas produire ce dont l’Ukraine a besoin aujourd’hui et pour se défendre demain », a précisé M. Rutte, encourageant les eurodéputés à faire passer les besoins de l’Ukraine avant toute autre chose. « Si les Ukrainiens peuvent acheter en Europe, c’est formidable. Mais sans équipements qui proviennent des États-Unis, l’Ukraine ne pourra pas se défendre », a-t-il insisté, mettant en avant l'importance des intercepteurs de missiles.

M. Rutte a, en outre, noté que certains Alliés bloquaient la voie de l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN, adhésion « qui est inévitable, mais pas possible pour l’instant », précisant ainsi que les garanties de sécurité étaient cruciales. (Camille-Cerise Gessant)

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