Le 'programme d’options spécifiques à l’éloignement et à l’insularité' ('POSEI') n'a « pas répondu à tous les besoins et contraintes spécifiques des régions ultrapériphériques », a conclu la Cour des comptes de l’Union européenne, dans son rapport publié lundi 26 janvier. Non seulement le soutien européen n’a contribué à maintenir la compétitivité que dans quelques filières agricoles, mais la diversification des productions végétales et animales ne progresse que timidement. De plus, la viabilité du secteur agricole est en péril.
Chaque année, l’UE injecte jusqu’à 653 millions d’euros dans le programme 'POSEI'. Ce dispositif est complété par d’autres instruments en dehors de la politique agricole commune (PAC), tels que la politique de cohésion, les aides d’État ou la politique commerciale. Il s’applique aux régions d’outre-mer de trois États membres : la France (la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, La Réunion, Saint-Martin et Mayotte), l’Espagne (les îles Canaries) et le Portugal (les Açores et Madère).
Étant donné que plus de 60% du soutien financier est destiné aux secteurs traditionnels, le programme ‘POSEI’ a contribué à maintenir la compétitivité du secteur de la banane dans son ensemble et du secteur laitier aux Açores. La filière de la banane en est le premier bénéficiaire, avec 42% du budget, soit 277 millions d’euros en 2023.
Mais le programme n'a pas réussi à maintenir la compétitivité des tomates aux îles Canaries ni celle du sucre dans les régions ultrapériphériques françaises, qui ont perdu des parts de marché face à la forte concurrence des pays tiers.
La Cour des comptes recommande donc de réexaminer les activités traditionnelles, au moyen de plusieurs actions, notamment : - calculer et évaluer comment mieux équilibrer le soutien à la filière de la banane avec d'autres secteurs ; - examiner comment la position des producteurs de bananes dans la chaîne de valeur peut être améliorée.
De plus, les auditeurs suggèrent d’améliorer l'évaluation de la répercussion des avantages de l'aide à l'importation sur les utilisateurs finaux, par exemple en partageant les bonnes pratiques à ce sujet.
Enfin, les auditeurs soulignent que les cultures permanentes, très présentes, épuisent les sols, faute de diversification et de rotation des cultures. Ils pointent un manque d’adaptation aux enjeux climatiques dans le programme 'POSEI', alors même que les phénomènes météorologiques extrêmes, tels que des cyclones ou de longues périodes de sécheresse, se multiplient. À cela s’ajoute le vieillissement des agriculteurs.
Lire le rapport : https://aeur.eu/f/kf2 (Anne Damiani)