Les ministres européens de l’Environnement ont salué, mardi 16 décembre, la stratégie de l’UE en matière de bioéconomie présentée le 27 novembre par la Commission européenne (EUROPE 13761/1).
Ils ont cependant exprimé des opinions différentes selon les priorités nationales, notamment sur le développement de la biomasse, la matière organique d’origine végétale ou animale utilisée pour produire de la chaleur, de l’électricité, des carburants ou des produits chimiques.
L’Espagne a insisté sur la circularité (visant à réduire le gaspillage, prolonger la durée de vie des ressources et recycler au maximum les matières plutôt que de les jeter après usage), sur l’exploitation forestière (conflits au niveau réglementaire) et sur les textiles (écoconception).
Pour Monique Barbut, la ministre française de la Transition écologique, la valorisation de la biomasse agricole en biocarburants ou biogaz « ne doit pas contrevenir aux objectifs en matière de souveraineté alimentaire ». Elle a demandé un débat pour envisager d'étendre au niveau européen le principe du Merit Order (ou ordre de préséance économique).
La Belgique a défendu un approvisionnement durable en biomasse et demandé d’encourager les produits biosourcés tout en intégrant la consommation durable. La Finlande a également plaidé pour une exploitation responsable de la biomasse.
Pour le Luxembourg, l'approche sur la biomasse devrait inclure des critères de durabilité et un système de certification, qui ne sont pas encore prévus dans la stratégie actuelle (la Croatie a formulé également cette demande).
Jochen Flasbarth, le ministre allemand, a insisté sur la nécessité de garantir des écosystèmes plus sains, de simplifier le fardeau administratif et d’accélérer l’octroi de licences pour certains produits. (Lionel Changeur)