Les ministres des États membres de l'UE, réunis en Conseil 'Environnement', mardi 16 décembre à Bruxelles, ont approuvé des conclusions relatives aux objectifs environnementaux 2030 pour l’UE, insistant sur l’urgence de faire plus en faveur de la résilience climatique de l’UE ainsi que de sa transition vers une économie circulaire.
Les conclusions se basent sur un récent rapport de l’Agence européenne de l’environnement (AEE) sur l’état de l’environnement européen ainsi que sur un précédent rapport de 2024 sur l’avancée vers les objectifs du 8e Programme d’action pour l’environnement (PAE), le cadre stratégique de l’UE pour 2030. Ses six objectifs prioritaires sont le 'zéro pollution', la réduction des émissions, l’adaptation climatique, l’économie circulaire, la biodiversité et la réduction des pressions sur l’environnement.
Le Conseil de l’UE s’alarme que sur les 28 indicateurs mesurés par le rapport de l’AEE - tels que la qualité de l’air, des sols, de l’eau, la production de déchets, les émissions de gaz à effet de serre, l’utilisation des ressources ou encore la protection de la biodiversité - 22 ne soient pas conformes aux objectifs. L’année dernière, ce nombre s’élevait à 20.
Selon Magnus Heunicke, ministre danois de l’Environnement, dont le pays préside le Conseil, « en matière d'économie circulaire, nous avons fait des progrès, mais la consommation de matières premières de l'UE reste trop élevée, les taux de recyclage et leur qualité sont encore limités et nous restons dépendants des matières premières critiques provenant de l'extérieur de l'Europe. C'est pourquoi il est fondamental de progresser vers une économie circulaire afin de réduire les pressions environnementales et d'améliorer la sécurité d'approvisionnement ».
Les États reconnaissent les efforts réalisés dans la transition vers une économie circulaire, mais ceux-ci restent insuffisants. Les conclusions rappellent « que le coût de la non-application de la législation environnementale de l’UE s’élève à 180 milliards d’euros par an par rapport aux objectifs environnementaux actuels ». Elles insistent sur l’interconnexion entre les objectifs environnementaux et économiques de l’UE, la transition vers l’économie circulaire apportant avec elle de nouvelles possibilités pour « la compétitivité de l’Europe et stimul[ant] l’innovation ».
Pour atteindre les objectifs de 2030, les États membres appellent à un meilleur usage des ressources, par exemple à travers la création d'un véritable « marché unique des matériaux d'occasion », ou encore la meilleure gestion des flux de déchets, par exemple pour sécuriser les batteries au lithium.
Les États membres saluent certaines initiatives à l’agenda de la Commission européenne pour 2026, notamment l’introduction d’un 'Cadre européen pour la résilience climatique' ainsi qu’un 'Circular Economy Act', ou encore une 'Stratégie de la bioéconomie'. Le premier pérennisera dans les politiques européennes les dispositifs assurant la préparation aux bouleversements climatiques. Le second soutiendra l’offre et la demande de produits circulaires et réduira les dépendances à l'égard des ressources critiques tout en accélérant la mise en place du 'Pacte pour une industrie propre' de l’UE. La 'Stratégie pour la bioéconomie' œuvrera à un usage durable et circulaire des ressources naturelles.
Toutefois, les États « regrettent que la Commission n’ait pas présenté de proposition législative pour ajouter une annexe au 8e PAE indiquant des actions pour la période post-2025 ». Les Vingt-sept réclament donc que la Commission formule une telle proposition « pour maintenir la continuité et l’ambition » du 8e PAE.
Voir les conclusions : https://aeur.eu/f/k17 (Romain L'Hostis)