Lors du débat, lundi 15 décembre à Strasbourg, sur la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) qui touche des élevages en France, les eurodéputés ont plaidé pour la mise en place d’une stratégie européenne en matière de vaccination.
Céline Imart (PPE, française) a interrogé la Commission européenne sur la pertinence de l’abattage total d’un troupeau dès la détection d’un seul cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC). « Pouvez-vous nous dire si cette mesure est justifiée en toutes circonstances ? », a-t-elle demandé. Elle a rappelé que la vaccination n’était pas généralisée afin de ne pas perdre le statut indemne de la maladie. L’eurodéputée a également préconisé la création d’une banque de données européenne capable de surveiller les variants en circulation et d’anticiper l’apparition de ces maladies, ainsi que la mise en place d’une production européenne de vaccins à grande échelle - ou, à défaut, une contractualisation massive de stocks - et le renforcement d’une réserve de crise adéquate.
Éric Sargiacomo (S&D, français), pour sa part, a indiqué faire confiance au protocole établi par les autorités sanitaires, tant au niveau national qu’européen. « Le protocole sanitaire reposant sur le dépeuplement des unités d’élevage touchées, la vaccination dans un rayon de surveillance suffisamment large et des mesures de biosécurité paraît aujourd’hui le plus efficace », a-t-il déclaré.
Par ailleurs, l’eurodéputé a demandé à la Commission de permettre la commercialisation des animaux et de leur viande provenant de zones indemnes sous statut vaccinal et de veiller à éviter la fermeture de marchés hors UE. Il a aussi préconisé la contractualisation de banques d’antigènes et de vaccins.
Le commissaire à la Santé, Olivér Várhelyi, a rappelé que la dermatose nodulaire contagieuse nécessite des mesures précoces, coordonnées et strictes prévues par la législation européenne : abattage immédiat des animaux infectés, renforcement de la biosécurité, restrictions de mouvements, régionalisation et vaccination. La vaccination est essentielle, mais ne peut se substituer aux autres mesures, a-t-il souligné. Il s’est montré favorable à la vaccination préventive, tout en reconnaissant des différences selon les espèces (porcs, bovins, volailles). « Pour que cela se concrétise, dans le secteur bovin, nous devons avancer de concert avec nos partenaires internationaux afin de garantir des conditions de concurrence équitables sur nos marchés extérieurs », a précisé le commissaire. L'UE soutient les États membres par un accès rapide aux vaccins, a-t-il conclu. (Lionel Changeur)