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Bulletin Quotidien Europe N° 13761
POLITIQUES SECTORIELLES / Économie circulaire

La Commission européenne propose une série d'initiatives pour mener la transition « vers une bioéconomie durable et compétitive »

La Commission européenne a adopté, jeudi 27 novembre, une communication visant à aider l’UE à « mener la transition mondiale vers une bioéconomie durable et compétitive ».

Selon le texte adopté et présenté par la commissaire à l’Environnement, Jessika Roswall, la bioéconomie permettra de « renforcer la sécurité économique et la sécurité des ressources de l’Europe dans un monde incertain » en réduisant les dépendances stratégiques à l'égard des matières premières fossiles et importées et en diversifiant les chaînes d’approvisionnement basées sur des ressources renouvelables et circulaires.

La communication énumère une série d’initiatives, législatives ou non, dans trois domaines principaux :

Innovation et investissements. La Commission confirme l’adoption des Biotech Acts (fin 2025 et en 2026) et prévoit la création d’un 'Forum européen des régulateurs et innovateurs de la bioéconomie' (premier trimestre 2026). La standardisation des produits de construction à base de bois est prévue en 2026, de même qu’une initiative de soutien aux producteurs primaires pour des investissements communs dans les chaînes de valeur biosourcées. La Commission envisage également le lancement d’un 'groupe de déploiement des investissements dans la bioéconomie' (2026-2028) et la révision des actes délégués de la taxonomie européenne pour reconnaître les activités de biomanufacturing durable.

Matériaux et technologies. La Commission prévoit plusieurs initiatives : analyse et échange de bonnes pratiques sur l’utilisation en cascade des ressources, rapport sur l’impact des schémas de soutien à la biomasse (2027), adoption de critères et d’objectifs pour les plastiques biosourcés (2027), exigences d’écoconception pour les textiles et les meubles (2027-2028) ainsi que le soutien aux 'vallées de symbiose industrielle' et aux hubs de bioéconomie (2026).

Biomasse durable. Plusieurs sujets sont abordés, comme la valorisation des sous-produits animaux (2027), le soutien à la production de biogaz et de biométhane (2026) et l’amélioration de l’efficacité de l’utilisation de l’azote (2026). La Commission envisage également le lancement d’une initiative d’innovation pour la bioéconomie bleue (2026-2027) et la création d’un référentiel de connaissances pour les agriculteurs, forestiers et gestionnaires de terres d’ici 2030.

Partenariats internationaux. La Commission prévoit l’utilisation des accords de libre-échange pour faciliter l’accès aux marchés des solutions de bioéconomie durable, ainsi que la coopération avec des pays partenaires pour promouvoir l’innovation européenne et faciliter les investissements (2026-2027).

Des dialogues européens sur la bioéconomie avec les États membres sont prévus à partir du début 2026. Parmi les outils et plateformes mentionnés figurent : le Bioeconomy Policy Support Hub (lancé en 2027), la plateforme européenne pour l’économie circulaire et le programme des ambassadeurs de la jeunesse pour la bioéconomie.

Jessika Roswall a déclaré, en réponse à une question de la presse sur les biocarburants et les carburants biogéniques et sur le fait que le texte de la communication ne mentionne plus l’incitation à la combustion de biomasse ou de biocarburants : « Ce que nous avons décidé constitue, selon moi, une très bonne stratégie, qui promeut un usage durable de la biomasse, que ce soit pour les carburants ou pour d’autres matériaux ». Pour le transport, par exemple, différentes réglementations montrent comment utiliser la biomasse de manière durable, non seulement pour le transport, mais aussi pour le secteur maritime, l’énergie et d’autres applications. Toutes les actions doivent être cohérentes et « nous devons augmenter les ressources dont nous disposons, et c’est exactement l’objectif de cette stratégie », a insisté la commissaire.

Le groupe de réflexion Farm Europe avait exprimé des préoccupations concernant les premières versions de cette stratégie qui circulaient dans la presse (EUROPE 13734/2). La stratégie finale adoptée « reconnaît pleinement le rôle essentiel de l’agriculture européenne et la nécessité de s’appuyer sur les chaînes de valeur existantes pour libérer le potentiel de la bioéconomie de l’UE et développer les solutions biosourcées », a salué Stefan Schreiber, président de la plateforme Green Economy de Farm Europe.

La communication reconnaît également le rôle du modèle des bioraffineries comme technologie de marché moteur capable de convertir la biomasse en une gamme de produits (ingrédients alimentaires, aliments pour animaux, biocarburants, produits biochimiques et biomatériaux), relève Farm Europe

Interrogée sur la part de plastiques devant être biosourcés, la commissaire a évoqué que des travaux sont en cours sur la directive sur l’emballage et les déchets d’emballage, visant à augmenter la part des matériaux biosourcés dans ce type de réglementations. D’autres initiatives concernant le plastique seront présentées prochainement pour renforcer l’industrie de recyclage du plastique. La stratégie vise également à valoriser différents types de biomatériaux déjà disponibles : non seulement le bois, mais aussi des ressources marines, comme les algues et les déchets existants dans la société (eaux usées, autres types de déchets). L’objectif est de transformer ces matériaux en produits utiles : matériaux de construction, carburants, cosmétiques, emballages, a précisé la commissaire. « Cela est nécessaire non seulement pour protéger l’environnement, mais aussi pour renforcer notre résilience et réduire la dépendance vis-à-vis d’autres régions », selon elle.

Concernant les puits de carbone, qui diminuent régulièrement depuis plusieurs années, la commissaire a souligné que, dans cette stratégie, « nous disposons de différents outils pour soutenir l’augmentation du stockage de carbone, tant dans les forêts que par l’utilisation de matériaux qui continuent à capturer du carbone, comme les canapés, les tables ou d’autres objets ». Il s’agit également, selon elle, de « transformer notre société pour réduire l’usage des produits fossiles, en les remplaçant par des produits sans fossiles ».

Les matériaux d’origine biologique peinent souvent à atteindre des économies d’échelle et des défis similaires sont rencontrés sur la plupart des marchés des biomatériaux et technologies, explique la communication de la Commission.

Plusieurs marchés sont identifiés comme ayant un fort potentiel pour surmonter ces défis, comme :

- les plastiques, polymères et matériaux d’emballage biosourcés : la Commission évoque également le développement de nouvelles applications pour les plastiques biodégradables ;

- les textiles biosourcés : le règlement sur l’écoconception des produits durables définira les exigences de performance et de durabilité pour les textiles, y compris ceux en fibres biosourcées, et la révision des méthodes Product Environmental Footprint prendra en compte des indicateurs liés à la performance des fibres, à la libération de microfibres et à l’empreinte environnementale ;

- les produits fertilisants d’origine biologique : la Commission envisage des voies d’autorisation plus claires et une meilleure visibilité du marché et proposera des mesures pour accélérer l’accès au marché des biopesticides.

Réactions. La nouvelle stratégie 'bioéconomie' « manque de l’ambition nécessaire pour aligner l’utilisation des ressources en Europe sur les limites écologiques de notre planète », avertit l'ONG Bureau européen de l’environnement (EEB). L’organisation estime que ce texte se concentre sur des efforts d’innovation des produits plutôt que sur « les causes profondes des crises de la nature, de la pollution et du climat ». Selon l’EEB, comparée à une version divulguée en octobre, la stratégie « ne reconnaît pas la nécessité de réduire drastiquement la pression sur les écosystèmes ». L’organisation déplore également que la Commission ne propose ni normes ni méthodologies pour une utilisation responsable de la biomasse.

Bioenergy Europe a salué la reconnaissance de la contribution de la bioénergie à « la sécurité énergétique et son rôle dans l’alimentation des chaînes de valeur circulaires biosourcées ».

Lien vers la communication : https://aeur.eu/f/joy (Lionel Changeur)

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